Simone Gbagbo à la CPI ? Ce qu’en pensent des femmes d’Abobo et de Yopougon

Simone Gbagbo à la CPI ? Ce qu’en pensent des femmes d’Abobo et de Yopougon

Que faut-il faire de Simone Gbagbo ? Alors que la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) rend ce mercredi 27 mai sa décision concernant la recevabilité de l’affaire, Ivoire Justice s’est rendu à Abobo et à Yopougon pour parler de cette actualité avec quelques femmes.

Fatoumata Koné, commerçante au célèbre marché Siaka Koné à Abobo, ne peut s’empêcher de penser à sa sœur : « Je vois encore ma sœur enceinte, baignant dans son sang, avec un éclat d’obus dans l’épaule. Un obus lancé par les forces loyales aux Gbagbo. Quand j’y pense, ma douleur ne fait que s’amplifier. »

Le respect des droits de Simone Gbagbo en question

Pour Fatoumata, les vingt ans de prison attribués à Simone Gbagbo par la justice ivoirienne ne suffisent pas. La seule institution capable, selon elle, de lui rendre justice, c’est la Cour pénale internationale. Une assertion que confirme dame Coulibaly : « Madame Gbagbo est trop à l’aise. Avec tout le mal qu’elle a fait…» Poursuivant, elle estime que le pouvoir d’Abidjan fait des calculs politiciens. Pendant ce temps, les vraies victimes de cette crise sont laissées pour compte.

Du côté de Yopougon, ou « Yopougon de Gbagbo » pour les partisans de ce dernier, la réconciliation tant prônée ne semble souvent passer que par la libération pure et simple des Gbagbo. En témoigne dame Awa : « Madame Gbagbo a été jugée ici. Nous avons tous suivi le procès. Quelles sont les preuves matérielles qui ont été apportées ? », s’interroge-t-elle. Pour elle, si les Gbagbo ne peuvent pas être libérés, il faut juger les pro-Ouattara, par souci d’équité. Honorine Buyo, commerçante à la place CP1, s’en remet, elle, à la Cour pénale internationale. À ses yeux, la justice ivoirienne n’a aucune crédibilité, car elle n’a pas dit le droit dans le procès Simone Gbagbo. Honorine est donc catégorique : « Le gouvernement ivoirien devrait laisser le cas de madame Gbagbo à la CPI. » Selon elle, les droits élémentaires de la « dame de fer » ne seront jamais respectés ici.

Rappel des faits judiciaires

L’ancienne première dame de Côte d’Ivoire, Simone Ehivet Gbagbo, a été jugée pour son rôle lors des violences post-électorales de 2010-2011 en Côte d’Ivoire. Elle a été condamnée à 20 de prison, en mars 2015 à Abidjan. Malgré ce procès, qui aura duré un peu plus de trois mois, celle qu’on appelle la « dame de fer » cristallise encore l’actualité judiciaire.

Ce mercredi 27 mai 2015, la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) se prononce sur l’affaire Simone Gbagbo. En d’autres termes, la CPI va décider, peut-être une bonne fois pour toutes, si elle doit poursuivre ou abandonner l’affaire Simone Gbagbo. Le 30 septembre 2013 et le 17 décembre 2014, Abidjan avait respectivement soulevé « une exception d’irrecevabilité » puis « fait appel » contre la décision de la chambre préliminaire I de la CPI, invoquant des procédures similaires déjà engagées pour les mêmes faits contre l’ex-première dame. Ce que réfute la procureure, Fatou Bensouda, arguant que l’ancienne première dame n’a pas été jugée pour les mêmes crimes.

Le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, a lui été clair et reste catégorique à ce niveau : « Personne n’ira à la CPI », a-t-il déclaré lors d’une visite aux victimes de la crise à Abobo, à Abidjan. Pour lui, la Côte d’Ivoire est un pays de droit et de justice capable de juger équitablement tous ceux qui se sont rendus coupables de crimes graves.

Par Daouda Coulibaly

Source: Ivoire Justice

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