Simone Gbagbo, un procès à risque pour le régime de Ouattara

Simone Gbagbo, un procès à risque pour le régime de Ouattara

Inculpée depuis un an pour atteinte à la sureté de l’Etat, Simone Gbagbo, épouse de l’ancien Président Laurent Gbagbo, pourrait comparaître à Abidjan pour crimes de sang.Mais vu la faiblesse des preuves, la justice ivoirienne court un énorme risque.

La chambre d’accusation a rendu, en janvier, un arrêt pour  le renvoi de Simone Gbagbo devant la cour d’assises dans les prochains jours, renseigne RFI. L’ex-Première Dame pourrait comparaître pour de tels crimes présumés commis lors de la crise postélectorale ayant secoué le pays de novembre 2010 à avril 2011. Ses avocats se sont immédiatement pourvus en cassation. Ainsi, tous les regards sont fixés sur la Cour suprême, instance habilitée à trancher. Et ce sera au cours d’une session prévue le 17 mars 2016. Cette  probabilité de comparution de Simone Gbagbo relance les déboires judiciaires de l’ancienne députée d’Abobo. Elle a été jugée pour atteinte à la sureté de l’Etat et incarcérée pour vingt ans avec 10 ans de perte de ses droits civiques.

Mais sa prochaine comparution, si elle est entérinée par la cour suprême, est motivée par son implication présumée dans des crimes de sang. Et c’est justement pour le même chef d’accusation que Simone est recherchée par la Cour pénale internationale (CPI). Mais le mandat d’arrêt émis par la justice internationale n’a pas prospéré auprès des autorités d’Abidjan. Elles se sont opposées à envoyer la co-fondatrice du Front populaire ivoirien (FPI) à La Haye. Et comme Fatou Bensouda, procureure de la CPI, est de plus en plus insistante pour ce transfèrement, Alassane Dramane Ouattara, actuel chef de l’Etat ivoirien a trouvé un moyen de la contourner. Il a pris la décision de ne plus envoyer d’Ivoiriens à la CPI comme quoi, le pays dispose désormais de juridictions compétentes pour juger tout Ivoirien ayant commis des crimes dont ceux de sang et contre l’humanité.

Un double défi

Au cas où la Cour suprême autorise le passage de la militante devant les juges, la justice ivoirienne se retrouvera devant un double défi. Le premier est de pouvoir réunir des preuves suffisantes pour justifier la mise en accusation et le passage de la « dame de fer » à la barre. Ce qui est très peu probable. Laurent Gbagbo et Blé Goudé comparaissent à la CPI pour crimes contre l’humanité. Les preuves réunies dans ce cadre sont jugées insuffisantes. C’est certainement vers la même situation que l’on tend dans le cas d’espèces. Le second défi est celui de l’impartialité. Ici, la probabilité d’un procès équitable est très peu probable. Au fait, le verdict d’il y a un an a été fortement critiqué aussi bien par l’ONG internationale Human Right Watch que par les avocats de l’accusée.

Est-ce que le procès en vue sera suffisamment impartial au point de déboucher sur un verdict acceptable ? La Côte d’Ivoire pourrait-elle démontrer par ce procès qu’elle dispose de juridictions compétentes pour juger tous les Ivoiriens trempés dans des crimes ? Voilà tant de préoccupations dont la réponse par l’affirmative pourrait donner raison à Alassane Dramane  Ouattara. Va-t-il réussir le pari ? La question reste posée.

Christophe SESSOU

 Source: Bénin Monde Infos

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