Situation sécuritaire: Tout se complique encore pour Ouattara

Situation sécuritaire: Tout se complique encore pour Ouattara

Allons-nous revivre les mois sombres de l’année 2017 durant lesquels l’armée ivoirienne a par deux fois, fait trembler le régime Ouattara? Cette année-là, on se rappelle que des militaires, la plupart issus du contingent d’ex-rebelles intégrés à l’armée nationale dont le nombre est estimé à 8400 se sont mutinés se pour réclamer le paiement de primes. Ils ont de ce fait, paralysé le pays sorti en 2011 d’une longue crise politico-militaire.

Au final, les mutins sont sortis pour le moins vainqueurs de «ce bras de fer» avec le pouvoir Ouattara. Dans la mesure où Ouattara a fini par plier l’échine. Sans autre forme de procès, le mentor du Rdr de leur payer chacun, la prime de 12 millions de Fcfa que réclamait l’arme pointée sur la tempe, chacun des mutins. L’humiliation était grande au sommet de l’Etat, même si un semblant d’excuses a censé cacher la réalité. Les mutineries «ont remis en cause le fondement de notre armée», «eu de graves conséquences économiques et sociales» et «terni l’image» du pays, a déclaré le général Sékou Touré, qui venait de prendre la place du Général Soumaïla Bakayoko. La main sur le cœur, les ex-rebelles ont promis ne plus remettre le couvert. Face à Ouattara et un parterre de hauts gradés, le chef d’état-major des armées a assuré que la grande muette avait «tiré les leçons » de ces mouvements d’humeur: «Excellence, je voudrais non seulement vous faire part du profond regret et de la grande amertume des forces de défense et de sécurité pour ces actes incompréhensibles, mais surtout présenter solennellement, à vous personnellement et à la nation tout entière, nos sincères excuses. (…) l’armée se consacrera désormais à son devoir, uniquement à son devoir. L’armée doit cesser d’être un problème », a ajouté le général Touré, promettant de redorer son blason.

«Je suis très optimiste», a par la suite réagi le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, qui venait entre temps d’être bombardé ministre de la Défense, en remplacement du ministre Alain Richard Donwahi. «C’était bon qu’il présente ces regrets au nom des forces (armées) et qu’il s’engage à faire en sorte que l’armée devienne une armée réconciliée avec l’opinion, réconciliée avec elle-même. (…) Ce que je peux vous dire, quelles que soient les préoccupations, nous avons demandé à nos hommes de les traiter dans le cadre de la hiérarchie et nous n’allons pas tolérer l’indiscipline. Il n’y aura « pas de mutineries en 2018», a-t-il promis. A peine a-t-il fait cette profession de foi que les ex-démobilisés ont-ils à leur tour, crié à la discrimination en prenant les rues. Une colère vite étouffée par des accords aux contours demeurés flous. Quelques mois après, revoilà la situation sécuritaire qui fait craindre encore des soulèvements militaires. Des voix s’élèvent déjà pour crier à «un complot militaire contre les Institutions qui a été déjoué». Car, dit-on, « un message insurrectionnel de militaires circule dans les casernes ».

Le pouvoir Ouattara n’a pas attendu longtemps en mettant l’armée nationale en alerte maximale. Les aéronefs de guerre, les MI-24 sont mis à contribution depuis le lundi 30 avril 2018. Vrombissement sans cesse de ces hélicoptères de guerre dans le ciel de plusieurs villes du pays. Abidjan et Yamoussoukro ainsi que Bouaké, sont sous contrôle strict, assure-t-on. Le moindre geste est suivi de près. «Nous sommes en alerte. La mise en alerte participe des mesures conservatoires pour faire face à toute éventualité. Depuis 2018, nous avons été mis en alerte 80 fois, lorsque des situations se présentent. Une alerte est une posture. Les Sms existent. Mais nous ne sommes pas inquiets. Ce sont des rumeurs qui ne perturbent pas notre quiétude. Pour ce qui concerne les MI 24, nous les avons achetés, il faut bien les faire voler pour contrôler leur autonomie. C’est pour savoir pendant combien de temps, ils peuvent voler sans ravitaillement(…) » Ainsi s’expliquait une source militaire que le confrère Soir Info à jointe le jeudi 3 mai 2018. A la lecture de cette explication, on est à mener de s’interroger sur les explications de cette source.

Pourquoi c’est maintenant qu’il faut essayer la capacité de ravitaillement des MI-24? Pour parer à quelle éventualité? Que de zones d’ombres qui traduisent un profond malaise sur la situation sécuritaire du pays. De toutes les façons, il apparait clairement que le pouvoir Ouattara est à nouveau dans la tourmente. Çà grogne dans les casernes. Ces bruits de bottes inquiètent. La mise en alerte de l’armée nationale aussi. La situation sécuritaire du pays n’est pas rassurante. Les sujets à conversation tournent quasiment autour d’un éventuel soulèvement des militaires. Mais de quels militaires fait-on allusion? Pourquoi vont-ils encore se soulever? Les réponses sont formelles. Nos sources auprès du dossier reviennent longuement sur une promesse (encore) non tenue du mentor du Rdr. En effet, des ex-rebelles réclameraient toujours «leur butin de guerre». En d’autres termes, ceux-ci exigeraient du pouvoir Ouattara le paiement de leur prime dont le montant est estimé à 12 millions de Fcfa chacun. Ce sont près de 1200 ex soldats du contingent 8400 des Forces armées de Côte d’Ivoire, radiés, démissionnaires, déserteurs ou retraités qui n’avaient jusqu’à présent reçu leur prime dite «Ecomog» qui menaceraient.

Nous apprenons aussi que la question des villas qu’aurait promises le mentor du Rdr aux ex-rebelles afin de «chasser » Laurent Gbagbo du pouvoir est aussi l’une des revendications de ces soldats. Des préoccupations qui, si elles sont avérées, risquent d’exploser au visage du mentor du Rdr. Et pourrait malheureusement rappeler la triste époque de 2017. Investisseurs, populations, et tous acteurs confondus, retiennent leur souffle. Tellement la situation sécuritaire du pays tangue. Il va sans dire que le chef de l’Etat ne dort désormais qu’un œil.

T N

Source: letempsinfos.com

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