Soupçonné de corruption et blanchiment, le maire de Venise interpellé
Giorgio Orsoni, maire de Venise interpellé mercredi 4 juin. | AP/Luigi Costantini

Soupçonné de corruption et blanchiment, le maire de Venise interpellé

Trente-cinq personnes, dont le maire de Venise, ont été interpellées mercredi 4 juin au matin dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption et blanchiment d’argent en relation avec le chantier « Moïse », rapportent les médias italiens.

Cet immense projet, qui mobilise une cinquantaine d’entreprises dans la lagune de Venise, prévoit l’installation de 78 digues géantes articulées pour protéger la ville des marées hautes et des inondations. Ces blocs de béton mobiles, installés au fond de la lagune, pourront grâce à une injection d’air comprimé s’élever et bloquerles eaux, si la marée dépasse un seuil établi à 110 cm.

La vulnérabilité de Venise, qui s’est enfoncée de 23 cm au cours du XXe siècle, s’est en effet aggravée au fil des années avec la montée du niveau de la mer. La ville connaît chaque année plusieurs épisodes d’« acqua alta » quand la marée haute dans l’Adriatique fait déborder les canaux, l’eau envahissant alors ses sites les plus célèbres, dont la Place Saint-Marc. Le chantier pharaonique, dont le coût est estimé à 5,5 milliards d’euros, devrait être terminé en 2016.

DE NOMBREUX HOMMES POLITIQUES IMPLIQUÉS

Lancée il y a trois ans par le parquet de Venise, l’enquête aurait permis de mettreau jour une caisse noire alimentée par des fonds provenant d’un système de fausses factures et de pots-de-vins, dans le cadre de l’attribution des marchés pour le chantier « Moïse ». Quelques 20 millions d’euros auraient ainsi été détournés et versés sur des comptes à l’étranger, probablement à destination de partis politiques.

Outre l’actuel maire de Venise, Giorgio Orsoni (Parti démocrate, gauche), des chefs d’entreprise, des hommes politiques de tous bords et un ancien général ont également été interpellés mercredi matin. L’enquête concerne au total une centaine de personnes.

Le parquet de Venise a également requis l’arrestation de l’ancien gouverneur de Vénétie (1995-2010), Giancarlo Galan, ancien ministre de l’agriculture, puis de laculture de Silvio Berlusconi, et aujourd’hui sénateur de Forza Italia (droite). M. Galan, dont l’interpellation ne pourra se faire qu’avec l’accord du Sénat, avait posé la première pierre de ce chantier en 2003, aux côtés de Berlusconi, alors président du Conseil.

Source: Le Monde.fr avec AFP

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