SOURIRE DU WEEKEND: LES PRENOMS DES BLANCS ET LA MEGALOMANIE DU NOIR.

Salut à nous tous. Mes observations m’ont poussé, en attendant la conclusion, à l’affirmation suivante : seul leur nom hérité du blanc pousse la majorité des noirs africains au délire, à la folie des grandeurs, à se voir incomparables à autrui.

Quel noir démentira cette assertion ? Peut-être ceux qui ne possèdent pas de prénoms de blanc ? Peut-être aussi ceux qui en possèdent, mais n’en veulent plus et se sentent bien dans leur peau avec leurs seuls jolis prénoms de noir ? Bon, nous verrons la vérité après mon histoire de ce weekend. Peut-être sera-t-elle vraiment drôle à nous faire uriner sur nos pieds à force de rire. Mais elle étale la vérité sur nous, les noirs.

Je me suis souvent demandé ce qui se passe exactement dans la tête du noir quand il possède un prénom arabe, juif, chinois, français, anglais, espagnol, grec, allemand… Je veux juste dire un prénom du blanc. Bien sûr, j’ai vu des gens se fâcher, avoir honte, se sentir dévalorisés, bafoués, parce qu’on les a appelés par leur vrai prénom de noir. L’un a même usé d’une phrase insultante à l’égard du fautif. Et ces mots, je les ai gardés dans mes mauvais souvenirs du vocabulaire français. Il a dit : « Pourquoi m’appelles-tu par mon nom de noir ? Tu es un mégalomane. Gare à toi si tu refais cette erreur de noir négligent de son devoir culturel et identitaire ».

Ne me posons pas la question de savoir si j’étais sidéré, amusé, révolté ou juste indécis dans mon sentiment face à cette réaction contenant toutes les contradictions du noir. J’ai d’abord dit : « Hum ! » Puis je me suis vu admirer l’ignoble personnage. Il ne pouvait revendiquer qu’un simple niveau du CM2. Alors parler un tel français, même s’il ne fait que résonner, n’est pas mal du tout. Ce sont d’ailleurs les gens de sa génération qui arrivent encore à reproduire des phrases libres de toute faute de grammaire ou d’orthographe, contrairement à nous des nouvelles générations, qui nous enfonçons dans la nullité avec les termes des SMS, que par malheur, nous introduisons dans nos lettres importantes, rehaussées seulement par nos prénoms de blancs. Bon, laissons tout ça de côté pour l’instant.

Mettons-nous d’accord : je ne rejette pas les prénoms des blancs parce que je n’en ai pas ou que celui qu’on m’a donné n’est pas beau. Que les Edouard, Laurent, Jacques Roger, Françoise, ne croient que leurs prénoms de blancs sont les meilleurs. L’ancien mien est celui d’un homme célèbre en France et dans le monde. Alors… Mais il est de loin inférieur à mon propre prénom de noir, moins beau que lui et surtout insensé vis-à-vis de mon intégrité et mon identité de noir. Je suis un noir et le reste à travers mes nom et prénoms, avec tous leurs sobriquets aussi beaux.

Mais, comme le plus intègre des noirs peut-être tenté, j’en ai été une victime. Dans un rêve, bien sûr. J’avais tellement observé la mégalomanie des Abel, Chérif, Aminata, Hillary, Chloé,  Rita, etc. que je me suis endormi ce midi-là sans comprendre ce qui se passe au juste dans leur cerveau, quand ils étalent leur grandeur sans limite, seulement en portant le prénom des blancs. Je veux dire un nom qui ne leur a pas été transmis ni dans leur famille ni dans leur ethnie.

Alors, me voilà devenu dans mon rêve Mohamed Georges Ozil de Bilet. Hé, ne posons pas la question de savoir comment j’ai choisi ces noms-là. Je suis un noir, donc un vaurien. Je suis porté par la folie des grandeurs et deviens célèbre sans me fatiguer. Mohamed est par rapport au roi du Maroc. Georges, c’est par rapport à Brassens, Pompidou, Sand et tous les grands Georges de notre monde. Nous le voyons, je suis prêt à toujours garder un Georges si quelqu’un de plus fort m’en arrache l’autre. Ozil, c’est le footballeur allemand. Bon choix, non ? Donc rions moins.

Me voilà en train de passer comme un roi devant des foules m’applaudissant. Me voilà en train de chanter devant un auditoire plein à craquer. Mon homonyme président français est mort, mais je le ressuscite, moi le noir africain. Me voilà à la récente coupe du monde, faisant, à travers mes jolis yeux et mon style de jeu simple, battre le cœur des milliers de fans blancs et noirs. J’impose aux journalistes des idées et des phrases me concernant, m’imposant ainsi à quiconque.

Refugié volontaire hors de mon pays, fatigué de ne pouvoir rallier le plus de monde, à court d’idées et de stratégie, avide de manger avant que l’on ne découvre la supercherie de ma part, je rentre au bercail, faisant ainsi preuve d’un courage herculéen. J’informe moi-même le monde des lecteurs à travers des emails. Je me sens admiré et adulé. Je me sens un grand. Je suis dans la vraie mégalomanie. Quoi de plus beau et de plus rêveur pour un noir qui n’était un grand que par son prénom de blanc et dans sa seule tête !

« Vive Mohamed ! » m’entends-je être adulé par-ci. « Salut grand Georges », me loue-t-on par-là. « Tu es le meilleur de ton équipe, Ozil, nul ne peut se comparer à toi », me lance-t-on de tous les côtés. Au vu de mon sourire, je peux imaginer l’envie de ceux qui ne possèdent pas de prénom de blanc. Je les sous-estime d’ailleurs, bien qu’ils soient aussi noirs que moi.

« Guikou Zafla ! » m’appela une voix douce à apaiser mes douleurs morales. Mais ma réaction est inattendue : « Es-tu une mégalomane et négligente de ton devoir culturel et identitaire ? Pourquoi oses-tu me réveiller en plein milieu d’un sommeil réparateur ? Je ne comprends pas pourquoi tu t’es débarrassée de ton nom Martine. Tu as perdu, je viens de le découvrir ».

Zoléba me regarde, totalement perdue, elle qui venait de se débarrasser de son prénom de blanc pour reprendre son vrai et beau prénom de noir. Mais elle prend son sang-froid.

« Toi-là, tu aimes faire des rêves, que se passait-il dans le dernier ? » me demande-t-elle.

_ J’étais devenu un grand de ce monde avec mes prénoms de blanc. Je m’appelais Mohamed Georges Ozil.

_ Tous ces noms-là pour toi seul? Où avais-tu laissé les vrais habituels ?

_ Au placard, je voulais être un grand.

Zoléba se tord de rire, puis revient à la charge.

_ Donc tu es le vrai sujet de la mégalomanie dont tu m’affubles.

_ Moi, je t’ai traitée de mégalomane ? Tu as rêvé ou quoi ? Je sais comment utiliser ce mot.

_ Bon, lève-toi pour redevenir toi-même. Tu as eu deux appels manqués. J’ai lu Edouard, Laurent…

_ Non, non, cesse de citer ces noms-là. J’ai enregistré Yro et Daman sur mon portable. Donc ils perdent leur temps en m’appelant sur le téléphone de la maison, rien que pour m’obliger à lire leurs prénoms de blanc. Ils ont menti. Ils doivent lire et relire ce que notre sœur Ozoua Soyinka nous a dit dans ses lettres. Au weekend prochain.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla, Le Fils d’Afrique

likaneyb2@hotmail.com

 

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