Succession des Boigny: La guerre des héritiers d’Houphouët fait rage

Succession des Boigny: La guerre des héritiers d’Houphouët fait rage

La fumée blanche n’est pas sortie de la concertation des Boigny après plus de six heures d’intenses discussions. Alors qu’on s’attendait, ce lundi, à la fin de la guerre des héritiers sur la couronne des Akoué par la désignation du chef la crise qui dure depuis 5 ans s’est plutôt envenimée.

De nombreux curieux, qui ne voulaient pas se faire conter l’évènement, ont très tôt ce matin pris d’assaut la résidence des Boigny. Les partisans des deux camps se montrent particulièrement confiants sur les chances de leurs candidats. Mais, très vite, des tensions étaient perceptibles en attendant le verdict de Nanan N’Goran Robespierre, porte-parole du roi de Sakassou et médiateur dans la crise. La veille, pour trancher ce casse-tête chinois, il avait remis les trônes de la chefferie aux petits-fils de Nanan Kouassi N’Goh 1er, oncle maternel de Félix Houphouët-Boigny et premier chef du canton.

Appelés à donner leur verdict, ceux-ci portent leur choix sur Augustin Dahouet. Vive protestation de 30 chefs Akoué sur les 33 que compose le canton. Ils sont scandalisés par le parti pris flagrant des petits-fils de Nanan Kouassi N’Gôh 1er qu’ils soupçonnent de connivence manifeste avec Augustin Dahouet. Pour eux, Augustin Thiam (Nanan Boigny Ndri III) est l’héritier du trône en vertu des us et coutumes. Ils rejettent en bloc cette décision des petits-fils de Nanan Kouassi N’Gôh 1er. Ils soutiennent que dans le processus de désignation du chef, c’est le nom d’Augustin Thiam qui a été introduit dans la ‘’tchoin’’ (cérémonie consistant à désigner le successeur) et les mânes des ancêtres ont approuvé son choix. « Quelqu’un ne peut pas manger le piment et quelqu’un d’autre va boire de l’eau. Là où il y avait la mort, il n’y avait que Thiam pour faire la tchoin. Donc quelqu’un d’autre ne peut pas fuir la mort et après venir réclamer quoique ce soit », proteste vigoureusement le chef de village de Kami. La tension monte d’un cran. La garde républicaine veille au grain.

Devant l’imbroglio, le médiateur prend une décision rejetée par les deux camps. Il décide d’écarter les deux protagonistes et demande à nouveau aux petits-fils du premier chef canton de reprendre le trône et de choisir dans un délai une autre personnalité comme chef. La réunion se termine en queue de poisson. Dans la foulée, nous recevons un communiqué de presse de la chefferie traditionnelle de Yamoussoukro. « Nous récusons dès ce jour, le dénommé Robespierre et lui dénions tout droit d’intervention dans cette querelle qui est purement familiale et doit trouver sa solution au sein de la famille. Robespierre a échoué dans ce rôle et ne peut plus être considéré comme un interlocuteur valable », lit-on dans ce communiqué.

Par Traoré Yacouba Diarra

Source: L’expression

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