Tebily Didier Drogba: «Sa démission apparente est diversement interprétée»

Tebily Didier Drogba: «Sa démission apparente est diversement interprétée»

L’effervescence et la passion autour de Tebily Didier Drogba ne faiblissent pas. Son silence arrange certains quand il dérange d’autres. Ceux qui l’invectivent n’ont pas raison et ceux qui prennent à partie les insulteurs de Drogba ont également tort.

Personne ne doit lui demander de rouler pour tel ou tel camp politique, religieux. Drogba est une idole qui appartient à tous les Ivoiriens. Comme hier avec Laurent Gbagbo, il a raison de s’afficher avec les autorités actuelles de son pays (photo) et de participer activement à des manifestations qui engagent l’avenir et l’image de notre pays. Et il a bien fait d’être présent au Vè Sommet UA – UE les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan et d’y avoir pris la parole.

Drogba est dans son rôle: un rôle politique et social essentiel et incommensurable qui dépasse le sport. Nul n’oublie ou ne doit oublier son investissement dans le retour de la paix en Côte d’Ivoire et la réunification du pays. Il a pris sur lui de transcender les opinions et les différences et de rassembler les Ivoiriens qui s’identifient à lui, à travers des initiatives vigoureuses.

«Ivoiriennes, Ivoiriens, on vous a prouvé aujourd’hui que toute la population de la Côte d’Ivoire peut cohabiter, peut jouer ensemble pour un même objectif. Aujourd’hui, on vous demande à genoux: un pays qui a toutes ces richesses ne peut sombrer dans la guerre comme cela», supplia-t-il le 8 octobre 2005 à l’occasion de la première qualification des Éléphants pour la Coupe du monde 2006, avant de conclure: «S’il vous plaît, déposez, tous, les armes».

Gbagbadêh ne s’est pas arrêté aux incantations. Il a voulu joindre l’acte à la parole et pousser tout le monde à la paix, à marche forcée. Avec la caution des autorités ivoiriennes, il a demandé et obtenu de poser deux gestes importants: le 28 mars 2007, dans un pays coupé en deux et ravagé par une guerre depuis septembre 2002, il est allé à Bouaké, capitale de la rébellion armée, pour présenter son trophée de meilleur joueur africain. «C’est le Ballon d’or de toute la Côte d’Ivoire», a-t-il dit à une nombreuse foule enthousiaste et chaleureuse. Et le 3 juin, le match Côte d’Ivoire-Madagascar s’est joué à Bouaké.

Le 27 mars 2011, Drogba est revenu à la chargé à l’issue de la victoire de la Côte d’Ivoire sur le Bénin dans un match des éliminatoires de la CAN délocalisé à Accra en raison des troubles liés à l’élection présidentielle: «On a gagné pour tous les Ivoiriens. Arrêtez maintenant, nous voulons la paix. On a gagné pour vous; il faut que la paix revienne en Côte d’Ivoire. On fera tout pour cela».

Les Nations Unies ont donc récompensé la Légende en le nommant ambassadeur de bonne volonté pour sa participation aux efforts de paix en Côte d’Ivoire. Une paix toute relative règne aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Si le pays n’est plus coupé en deux, ses habitants sont divisés en deux blocs antagonistes, dans une atmosphère politique tendue.

Drogba doit donc, si ce n’est déjà fait, reprendre son bâton de pèlerin de la paix. Tout le monde sait que quand il parle, tout le monde l’écoute. C’est pourquoi sa démission apparente est diversement interprétée.

Hier, il a été au front en posant des actes forts. Aujourd’hui, il ne doit pas jeter le manche après la cognée et s’enfermer dans un silence de cimetière. A lui, en raison de sa dimension et de sa place dans le cœur des Ivoiriens, la dérobade est interdite.

Par Ferro Bally

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE