Télévision  : pourquoi les groupes français misent sur l’Afrique

Télévision : pourquoi les groupes français misent sur l’Afrique

De plus en plus de groupes français de médias cherchent à se développer sur le continent africain.Les embûches sont nombreuses : mesures d’audience limitées, pub insuffisante, freins politiques et réglementaires…

Au 16ème siècle, les espagnols espéraient trouver une contrée offrant de l’or à profusion. Cinq cents ans plus tard, le mythe de l’Eldorado n’a pas disparu, mais il a changé de continent. Et beaucoup espèrent le trouver en Afrique.

Face à des géants anglo-saxons ou chinois très présents sur le continent, les groupes audiovisuels français se sont fortement développés à plus de 4.000 kilomètres de Paris. Canal + est en train de lancer en Afrique une offre de SVOD (lire ci-dessous), Lagardère mène des formations en attendant de concrétiser plusieurs projets qui sont dans ses cartons, Euronews vient de mettre sur pied une chaîne d’info, Trace va lancer d’ici à la fin de l’année trois nouvelles chaînes, pour arriver à dix au total… Sans compter les acteurs plus traditionnels à vocation internationale, comme France24.

Aujourd’hui, dans plusieurs pays francophones comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun, « les chaînes hexagonales se classent dans le top 10 des audiences juste après les chaînes publiques locales », explique Arnaud Annebicque, chez MétricLine (Médiamétrie).

Terre promise

L’Afrique subsaharienne a tout de la terre promise. Avec des croissances économiques spectaculaires (plus de 8 % attendus pour la Côte d’Ivoire !), et une explosion des classes moyennes, l’Afrique dispose de nombreux atouts. « Dans la télévision, le potentiel est énorme », résume Olivier Pascal, du cabinet Analysys Mason. En moyenne, moins de 50 % des foyers sont équipés d’une télévision, mais la progression prévue est de 5 % par an. Et cette proportion monte à plus de 90 % dans les grandes villes d’Afrique francophone. Parallèlement, la télé payante est en plein essor : si moins de 10 % des foyers sont abonnés, Analysys Mason attend une croissance de 14 % chaque année.

Far West

Bref, l’enjeu est de taille, mais il faut être prêt à se retrousser les manches. Car tous les spécialistes le reconnaissent : il y a encore un petit côté Far West. « Le continent africain est très grand avec des situations disparates. En résumé, l’Afrique francophone a du retard par rapport à l’Afrique anglophone, même si on en prend le chemin », note Alexandre Rideau, directeur de Keewu Production, société locale, dans laquelle Lagardère Studio est majoritaire.

Prenons la production. A côté d’un Cap qui produit chaque année des blockbusters mondiaux ou d’un Nollywood (au Nigéria), extrêmement prolifique – il fait partie des leaders mondiaux de la production en volume -, les pôles d’Abidjan ou de Dakar semblent encore bien petits. « Il y a beaucoup de talents, mais les gens ne sont pas assez formés », reprend Alexandre Rideau, qui produit en ce moment « C’est la Vie », sorte de Plus belle la vie sénégalais, financé en grande partie par un fonds visant à la réduction de la mortalité maternelle et infantile. « En Afrique francophone, les séries premium n’existent quasiment pas », remarque-t-il. Le coût de production moyen est de 4.000 à 10.000 euros par épisode (il est de plus de 30.000 euros pour « C’est la vie) »… au moins dix fois moins qu’en France !

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