Tout le monde est fâché ! (Par Yacouba Gbané)

Tout le monde est fâché ! (Par Yacouba Gbané)

Tout le monde est fâché. Aucun sourire. Pour un oui ou pour un non, c’est la colère. Les mutins sont fâchés. Parce qu’ils réclament leur prime. Ils n’entendent pas se laisser rouler dans la farine. Donc, ils créent mutinerie pour se faire entendre.

Les démobilisés sont fâchés. Parce qu’ils n’ont pas reçu leurs primes. Raison pour laquelle, ils crient sur tous les toits leur colère. Et ils veulent tout mélanger en descendant dans la rue. Les fonctionnaires sont fâchés. Parce qu’ils veulent le paiement du stock des arriérés des effets financiers des mesures de revalorisation salariale de 2009, de la réforme des pensions de retraite, de l’autorisation des précomptes syndicaux par le solde, l’arrêt immédiat des violations des libertés syndicales dans l’administration. Et l’intégration des agents journaliers du secteur public à la Fonction publique. Ils entendent bloquer l’administration.

L’opposition est fâchée. Parce qu’elle demande l’instauration de la démocratie, de l’Etat de droit, des libertés de manifester et de réunion, la libération des médias d’Etat caporalisés, la libération tous les prisonniers politiques civils et militaires. Et le retour des exilés. L’opposition demande la liberté d’opinion et d’expression. Ainsi que le désarmement effectif de toutes les milices y compris les dozos et l’encasernement des Frci. Les journalistes sont fâchés. Parce que la nouvelle loi sur la presse n’est pas un bon texte. Et que La liberté de la presse est une pierre très précieuse. Cette loi liberticide. Et que le gouvernement doit retirer cette loi. Puisqu’elle n’est pas appropriée. Elle ternie l’image de la Côte d’Ivoire. Et que la Côte d’Ivoire aura fait un grand recul en ce qui concerne la liberté de presse. Alors que tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression. Autrement dit, toute personne a droit à l’information.

Toute personne a le droit de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlement. La liberté de presse est fondatrice de toutes les autres libertés. Et qu’aucun journaliste ne doit être inquiété dans l’exercice de son métier. Les journalistes disent non à la mort des voix des sans voix à travers cette nouvelle loi. Les populations sont fâchées. Parce que le prix des denrées alimentaires a augmenté. Le carburant a augmenté. L’électricité également. Elles cherchent avec torche en plein midi la gratuité des soins promise. Les hôpitaux sont devenus des mouroirs. Manger est également difficile. On applique la mort subite. C’est-à-dire manger une fois par jour. Elles ne savent plus où mettre la tête.

Les étudiants sont fâchés. Parce qu’ils dénoncent un certain nombre de chose. A savoir : l’augmentation abusive des frais annexes; le manque de table bancs; les effectifs pléthoriques dans les salles de classes; la non distribution des cartes scolaires; absence de latrines dans certains établissements; abus de pouvoir de l’administration et des enseignants sur les élèves et étudiants; la mauvaise gestion des Coges; l’absence de la liberté d’expression et d’associations; le problème de la passerelle de Licence 3 au Master 1 et du Master au doctorat; manque de salles spécialisées, laboratoires et bibliothèques; la privatisation de certains départements; demande d’homologation des droits d’inscriptions dans les grandes écoles publiques; augmentation de la fourchette allouée à la bourse.

Les paysans sont fâchés. Parce que le prix du café-cacao a chuté. Et ces deniers demandent un audit dans la gestion du conseil café-cacao.
Sans oublier des explications sur le fonds de réserve. Mais les partisans de Ouattara sont fâchés. Parce que, selon eux, le temps du Président Laurent Gbagbo était mieux. Raison pour laquelle, ils disent : « Gbagbo kafysa ». C’est-à-dire « Gbagbo » est mieux ». En tout cas, le monde est fâché. Peut-être que la solution à toute cette colère se trouve dans le boubou de Amadou Soumahoro. Bonne lecture. Allons-y seulement. Haut les cœurs. La liberté vaincra ! Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Yacouba Gbané

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