Tractations diplomatiques pour la libération du président Laurent Gbagbo: Des émissaires de 3 chefs d’Etat africains à La Haye

Tractations diplomatiques pour la libération du président Laurent Gbagbo: Des émissaires de 3 chefs d’Etat africains à La Haye

«Laurent Gbagbo sera parmi cette année et à pareille occasion c’est lui que vous présenterez les vœux de fin d’années » annonçait Aboudrahmane Sangaré le samedi 21 janvier dernier. Les partisans de Laurent Gbagbo à l’instar d’Aboudrahmane Sangaré, Président par intérim du parti de Gbagbo peuvent croire en la libération de l’ex-chef de l’Etat ivoirien. Au plan juridique, l’accusation et ses témoins sont à la peine.

Sur le plan diplomatique, les lignes bougent. Une source proche du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé fait des confidences sur l’engagement de chefs d’africains à mettre fin à l’injustice dont est victime l’ex-Président de la part de la communauté internationale.

«Vous savez que le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé est politique donc c’est avec la pression politique qu’il peut avoir un dénouement heureux. Depuis le dernier sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, les lignes bougent et des Etats africains s’engagent de plus en plus pour la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. L’on annonce la visite dans les Jours à venir des émissaire de l’ex-chef d’Etat ghanéen Jerry Rawlings pour rencontrer les décideurs de la CPI. Je suis convaincu que cette année le procès va prendre fin et nous sommes convaincus que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé recouvreront la liberté».

A la question de savoir si les avocats de la défense assisteront aux audiences de Laurent Gbagbo avec ces chefs d’Etats, notre source livre d’autres secrets : «Laurent Gbagbo fait une grande différence entre ses affaires politiques et le procès. Il ne sollicite que la présence des avocats s’il veut comprendre un certain nombre de choses mais la plupart du temps, il gère ses affaires politiques dans le plus grand secret. Depuis la reprise du procès, il est très confiant et cela nous donne beaucoup plus de détermination pour la suite des audiences».

Le rôle confié à Essy Amara

«Le fait qu’Essy Amara soit nommé par le nouveau Président de l’union Africaine est très bénéfique pour Laurent Gbagbo», confie un proche de l’ex-Président dans le secret des tractations diplomatiques à la Haye. Selon des sources introduites, le Président Alpha Condé, socialiste et ami de longue date veut compter sur la diplomatie de l’ombre d’Essy Amara pour engager les pourparlers pour la libération de l’ex-Président Ivoirien. Ancien Président de la commission de l’union Africaine de l’organisation des Nations Unies, Essy Amara est diplomate chevronné avec un carnet d’adresse très fourni. Au parfum du dossier ivoirien qui mieux qu’Essy

Peut montrer aux yeux du monde que Laurent Gbagbo est victime d’une injustice pour exiger sa libération? L’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dans sa dernière parution avait livré des secrets sur l’offensive diplomatique de certains chefs d’Etats africains pour la libération de Laurent Gbagbo. Ibrahim Boubacar Keita, Mamadou Issouffou et Christian Charles Kaboré respectivement Président du Mali, du Niger et du Burkina-Faso avaient dit au Président François Hollande en marge du dernier sommet France-Afrique qu’ils n’appréciaient pas la déportation de Laurent Gbagbo à la Haye.

Le courrier des chefs d’Etat africains

L’offensive diplomatique des chefs d’Etats africains pour la libération de Laurent Gbagbo a débuté le 9 septembre 2015. Dans une correspondance adressée au bureau du procureur, des anciens chefs d’Etat plaident l’arrêt des poursuites contre Laurent Gbagbo afin de donner une chance à la réconciliation en Côte d’Ivoire. «Nous voudrions donc vous demander, Madame le procureur, de réexaminer l’affaire Laurent Gbagbo et entamer le processus de son retrait ou de son interruption. Nous sommes convaincus que cette option est la meilleure façon pour la cour de contribuer à la réalisation de la réconciliation nationale et de l’unité, de la stabilité de la côte d’ivoire, du redressement et de la responsabilité de la Côte d’Ivoire, en donnant la possibilité à tous les ivoiriens de se réunir pour régler leurs différends sans recourir à l’usage des armes», précise le courrier signé de Joachim Chissano et Nicéphore Soglo, respectivement ancien Président du Mozambique et du Bénin. L’Afrique a continué à maintenir la pression sur la CPI avec l’annonce du retrait de l’Afrique du sud, de la Gambie, du Kenya, du Burundi, de la Namibie de la juridiction internationale.

C’est le dernier sommet de l’union Africaine qui a véritablement fait avancer la pression diplomatique des Etats africains pour faire plier la CPI sur son acharnement contre les chefs d’Etat africains. Il ya quelques jours, le 27 janvier, un document a circulé en marge du somment de l’UA qui indique clairement que les pays envisagent un retrait collectif de la CPI si leurs demandes de réformes n’étaient pas satisfaites. Le retrait de la CPI est une question régulièrement évoquée par les dirigeants africains et l’avenir de la juridiction internationale est en jeu. Près d’un tiers des 124 membres de la CPI sont africains. En cas de départ massif et collectif, la cour pénale internationale se retrouverait fortement délégitimée.

Un procès qui enfonce d’avantage la CPI

C’est un secret de polichinelle la Cour Pénale Internationale a perdu toute crédibilité avec son acharnement sur les leaders politiques africains. Mais plus, le procès de Laurent Gbagbo a contribué considérablement à ternir davantage l’image de cette juridiction. Depuis cinq ans que Laurent Gbagbo a été déporté à la Haye, les partisans de Ouattara n’ont jamais été inquiétés par le bureau du procureur qui avait pourtant le devoir d’enquêter à charge et à décharger.

Pire, depuis, le 28 janvier 2016, date de l’ouverture des audiences à la Haye, les 34 témoins qui se sont succédé au prétoire n’ont pu apporter du crédit au fameux plan commun de Fatou Bensouda constitutif de crime contre l’humanité dont Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés. Un constat qui a fait dire au juge–Président Cuno Tarfusser que « rien n’est clair dans ce procès ». IL est d’autant plus fondé que la déposition d’un témoin joker de l’accusation en la personne de l’es-directeur général de la police Brédou M’bia est passé inaperçu et n’a pas apporté grande chose au document des charges au grand désarroi de Fatou Bensouda.

Source: Le Quotidien d Abidjan N° 1977

One comment

  1. L’Afrique est mal partie.Gros continents avec 55 pays,ce grand bout du monde peine à se donner une voix,une seule pour se faire respecter dans le monde!Nègre c’est nègre!Le revirement ou virvoltage de l’Afrique du Sud à réexaminer son retrait de la CPI est un aveu d’impuissance caractéristique d’une Afrique balbutiante et fébrile à décider souverainement de ses orientations internes et externes.C’est aussi le signe du manque de sérieux dans le choix ou les décisions d’un haut niveau de l’état: le pouvoir de M. Zuma se trouve mis en mal ou affaibli.Il aurait été mieux de se taire que de crier gros pour agoniser!Pauvre Afrique!Irrésolue et tâtonne!Comment les autres vous prendront-ils au sérieux?Rien que du bluff!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE