Tribunal militaire, la défense révèle que l’arme qui a assassiné le Général Guéi provient du Burkina Faso

Tribunal militaire, la défense révèle que l’arme qui a assassiné le Général Guéi provient du Burkina Faso

Les avocats de la défense ont essayé dans leurs plaidoiries de soigner l’image de leurs clients et ont exigé l’acquittement pur et simple de tous les accusés.

Maitre Rodrigue Dadjé défenseur des intérêts des accusés, Abi Jean et Séka Anselme, poursuivis pour assassinat ou complicité d’assassinat a articulé sa plaidoirie autour de plusieurs axes.

Dans sa présentation du contexte de l’époque des faits, l’avocat a déploré le fait que l’enquête préliminaire menée par le Parquet Militaire et l’instruction militaire n’ont pas permis de savoir ce qui s’était effectivement passé et qui a tué le Général Guéi, son épouse et sa garde rapprochée et comment cela s’est fait.

Mieux, Rodrigue Dadjé a soutenu que l’enquête préliminaire et l’instruction militaire l’ont davantage embrouillé car aujourd’hui elles le font savoir trop de choses divergentes et contradictoires, et donc en définitive, il ne sais plus rien.

Dans le second volet de sa présentation qui s’est articulée sur la légèreté de l’instruction et la partialité du Parquet Militaire, le défenseur de Séka Yapo et Aby Jean a indiqué qu’il s’attendait à une instruction minutieuse, pointue, précise, ne laissant aucune zone d’ombre sur les faits et les personnes impliquées ou citées, puisque selon lui elle a été menée par trois juges d’instruction militaire.

Il a dans la foulée attaqué le Commissaire du Gouvernement qui a affirmé la veille que c’est l’ex-président ivoirien qui a favorisé l’assassinat du Général président et autres.

«Le Procureur militaire, non content d’avoir contribué à bâcler la procédure s’est permis hier de nous faire des révélations subliminales. Après l’enquête préliminaire, après l’instruction qui a duré plusieurs années, après même l’ouverture du présent procès et l’instruction à la barre, il s’est soudainement souvenu de ce que c’est le Président Laurent GBAGBO qui aurait donné l’ordre de tuer le Général GUEI et ses proches,» a expliqué le jeune avocat comme aime à l’appeler le juge Dembélé Tahirou.

Selon lui, vu les propos sans fondement tenus par Ange Kessi et étant à son poste de Procureur militaire, il aurait donné sa démission.

«Oui j’aurais démissionné. Déjà pour avoir bâclé cette enquête aussi importante, et Dieu seul sait que ce n’est pas la première affaire qu’il bâcle de la sorte, » a-t-il martelé.

Comme s’il en voulait au procureur militaire, l’avocat s’étonne que ce dernier soit encore en poste sous deux Gouvernements diamétralement opposés en matière de politique de justice.

«Je passerai sous silence son arrogance et son manque de respect pour les accusés et les Avocats de la Défense, lui l’économiste devenu Procureur militaire, qui réclame la peine de mort sans en rapporter la moindre preuve de culpabilité, » a conclu Dadjé sur ce sujet.

L’autre point qu’il a débattu lors de sa plaidoirie est l’absence de preuves à charge contre les accusés.

La seule chose vraie dans ce dossier est selon lui, le rapport médical qui contient l’analyse balistique.

L’analyse précise que ce sont les balles de 7,62 millimètres qui leur ont ôté la vie et non les balles de 9 millimètres.

Maitre Dadjé estime que cette information pose un véritable problème, car en 2002, l’arsenal militaire ivoirien ne contenait pas d’armes utilisant des balles de calibres 7,62 millimètres.

«Ce calibre est utilisé par le Burkina Faso, d’où sont venus les assaillants pour attaquer la Côte d’Ivoire dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002. Seuls les assaillants venus du Burkina Faso pour attaquer la Côte d’Ivoire, détenaient des armes prenant des munitions de calibres 7,62 millimètres, en Septembre 2002,» accuse l’avocat, en dénonçant enfin un manque d’équité dans ce procès qui certainement prendra fin demain.

Wassimagnon

Source: Koaci.com

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