Un ingénieur financier camerounais qualifie les APE d’« accord de paille »

Un ingénieur financier camerounais qualifie les APE d’« accord de paille »

L’ingénieur financier camerounais, Babissakana, soutient que les Accords de partenariat économiques (Ape) entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Acp) et l’Union européenne (Ue) sont un « accord de paille entre un partenaire économiquement et techniquement très fort constitué de 28 pays et un autre très faible ».

« Ce déséquilibre au niveau des stades de développement est un des critères qui poussent à ne jamais aller à un accord de libre-échange »
, explique-t-il.  En analysant les deux entités, l’ingénieur financier estime que le déséquilibre naît  du fait que les pays africains, spécialisés dans l’exportation des matières premières à 97 pour cent, certains même à 100 pour cent brutes, ne peuvent pas aller d’égal à égal avec les pays européens spécialisés dans les produits transformés qui viennent en Afrique.

En plus de ce déséquilibre, Babissakana relève un autre aspect d’impact négatif qu’il appelle le « détournement du commerce ». « C’est-à-dire que si on signe un accord avec l’Europe, on va acheter en réalité des produits un peu plus chers auprès de l’Europe, alors qu’on devait les acheter beaucoup moins chers auprès d’autres partenaires internationaux », explique l’expert financier.

« Cela peut avoir, précise-t-il, un impact extrêmement vaste parce que les partenaires nouveaux qui sont dans la dynamique de montée en puissance dans la nouvelle trajectoire de croissance mondiale, c’est avec eux que nous devons beaucoup plus développer nos relations. Donc, si on met un frein artificiel à ces relations- là, l’impact va être beaucoup plus important que le simple détournement du commerce. Et donc, il faut pouvoir évaluer ça ».

L’ingénieur financier camerounais dénonce l’article 7 de cet accord qui concerne la coopération au financement du développement. « Si vous lisez cet article-là dans son alinéa 3, les pays de l’Union européenne vont mobiliser les instruments de coopération qu’ils ont au service de l’accord de partenariat économique », s’indigne-t-il.

Babissakana soupçonne la France d’être derrière la signature de ces Ape pour imposer par la suite de nouveaux accords de coopération monétaire à tous les pays africains qui sont dans la zone Franc.

Pour l’ingénieur financier camerounais, «les Ape sont totalement en déphasage par rapport aux besoins des économies africaines à cause du lourd tribut à payer par les industries locales faibles face à la concurrence européenne faite de produits plus élaborés et subventionnés».

Il plaint les unités industrielles nationales qui, au lieu d’avoir un accompagnement dans le cadre de la politique industrielle, seront soumises à une concurrence déloyale, d’où leur disparition programmée.

«Toutefois, reconnaît-il, pour véritablement avoir un secteur industriel fort dans les années à venir, nous devons nous mettre à l’école de la concurrence, non pas sur la base des préférences tarifaires, mais sur un système de régulation formel et efficace qui, malheureusement, fait défaut en Afrique centrale y compris au Cameroun, ce qui fait le lit des pratiques anti-concurrentielles, c’est-à-dire la contrebande et la contrefaçon, sont la règle ».

Source: Pana

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