Vague de suicides dans les Forces armées canadiennes

Vague de suicides dans les Forces armées canadiennes

L’hiver 2013-2014 aura été sombre pour la famille militaire canadienne. Une vague de suicides sans précédent a frappé durement les rangs des Forces armées canadiennes avec plus d’une dizaine de cas recensés en seulement quelques mois. Des documents révèlent maintenant que seule une poignée de ces suicides est due à l’Afghanistan ou au syndrome de stress post-traumatique.

La liste est longue et les noms résonnent encore dans les couloirs de différentes bases à travers le pays.

Les Forces se sont efforcées de comprendre les raisons pouvant expliquer cette vague de suicides qui a frappé sans prévenir, notamment ceux entre novembre dernier et février de cette année (d’autres présumés suicides se sont ajoutés depuis).

Dans un résumé statistiques obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi d’accès à l’information, seulement trois suicides sur 10 cas auraient été causés par le syndrome de stress post-traumatique, l’hiver dernier. Les premières données indiquent aussi que la majorité des militaires qui se sont enlevés la vie n’étaient pas en danger d’être chassés de l’armée en raison de leurs blessures physiques ou mentales.

Si la grande majorité de l’opinion publique et des médias ont mis en avant le syndrome de stress post-traumatique et la guerre en Afghanistan, seulement la moitié des 10 soldats ont servi en Asie, la plupart n’y étant allé qu’une seule fois, ce que nous avions soulevé à plusieurs reprises.

Sept des dix soldats n’avaient pas non plus d’antécédents connus de tentatives de suicide.

Le médecin-chef de l’armée, le colonel Colin MacKay a indiqué dans un courriel envoyé le 21 février dernier au chef du personnel militaire, le major-général David Millar que l’analyse représente une «plongée superficielle» dans ce dossier et que davantage d’études seraient nécessaires.

Les responsables médicaux de l’armée ont recommandé de lire ce résumé avec prudence, ajoutant qu’il y a peu de matières pour «tirer des conclusions».

Rappelons cependant que les Forces armées canadiennes, avec ses près de 100.000 membres, militaires et civils, sont une micro-société dans la société, et en tant que tel vivent les mêmes problèmes que la population en général.

Témoignant devant le comité de la Défense de la Chambre des communes au printemps dernier, le brigadier-général Jean-Robert Bernier, médecin général des Forces, a déclaré que la dépression, surtout chez les membres de sexe masculin, est le double de celui de la population civile, indiquant que cela représentait une «préoccupation majeure».

Près de 8% des membres des Forces armées canadiennes ont rapporté avoir des épisodes de dépression, mais ce chiffre date d’avant la guerre en Afghanistan! Des statistiques américaines montrent qu’environ 25% des troupes déployées lors des dernières guerres souffrent de syndrome de stress post-traumatique ou troubles associés.

Incapable d’expliquer la hausse soudaine de suicides, le médecin-chef affirmait également devant le Comité que la couverture médiatique de la vague de décès peut avoir contribué aux suicides en vertu du phénomène de «suicides par imitation».

Source: 45enord.ca

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