VERS UN REFERENDUM D’AUTO-DETERMINATION POUR L’INDEPENDANCE DE VENISE ?

VERS UN REFERENDUM D’AUTO-DETERMINATION POUR L’INDEPENDANCE DE VENISE ?

Le Référendum d’auto-détermination de la République de Crimée a fait beaucoup d’ombre à la consultation populaire organisée à Venise.

Si la région de Venise devait décider de son indépendance, ses habitants y seraient très majoritairement favorables. Une consultation, organisée depuis le début de la semaine par un comité baptisé ‘Plebiscito.eu’ et qui a pris fin vendredi 21 mars, a mobilisé près de 73 % du corps électoral. A 89 %, les votants se sont dits favorables à la séparation de la Vénitie d’avec le reste de la pénisule italienne.

Depuis le 16 mars et jusqu’au 21, les habitants de Venise et de sa région ont été invités à répondre par Internet à la question suivante: « Voulez-vous que la Vénétie devienne une République indépendante et souveraine ? » Selon le site ‘plebiscito.eu’ qui organise cette consultation, près de 1,5 millions de personnes personnes avaient déjà pris part, le 20 mars, à ce scrutin purement consultatif. Une manifestation pour l’indépendance était organisée ce dimanche à Padoue.

Ce résultat n’aura aucune conséquence juridique ou politique, mais il servira à soutenir un « appel à référendum pour l’indépendance de la Vénétie ».

VENISE « À LA PÉRIPHÉRIE DE L’EMPIRE ITALIEN »

Dans l’esprit des promoteurs de ce scrutin, le nouveau pays s’inspirerait de la République de Venise, née au Moyen Age et grande puissance économique et politique jusqu’à sa chute face à Napoléon Bonaparte, en 1797.

Interrogé mercredi par la presse étrangère à Rome, le gouverneur de la Vénétie, Luca Zaia avait estimé que la capitale italienne « pense toujours qu’elle est à la tête d’un empire, et nous considère comme étant à la périphérie de cet empire ». « Nous autres Vénitiens avons la sensation de ne servir qu’à payer des impôts », avait déclaré M. Zaia, la région versant quelque 71 milliards d’euros d’impôts à Rome, 21 milliards de plus que ce qu’elle reçoit en investissement et en services selon lui.

L’organisation d’un référendum nécessite désormais l’approbation du conseil régional avant d’être soumis au Parlement national. Si ces étapes sont passées positivement, et que le référendum se fait, il « sera probablement déclaré anticonstitutionnel par le gouvernement », a reconnu M. Zaia, « mais la région fera appel » jusqu’à ce qu’elle parvienne à ses fins.

COMMENT LA VENETIE PREPARE SON INDEPENDANCE ?

Le Monde décrit le processus en cours : « Ce n’est pas pour demain, mais mieux vaut se préparer dès maintenant (…) Surfant sur le succès de cette initiative, et sur la foi de certains sondages, soulignant que le sentiment indépendantiste serait soutenu par 60 % des habitants de Vénétie, le gouverneur de la région, Luca Zaia, membre de la ‘Ligue du Nord’, est prêt de son côté à faire voter un projet de loi d’indépendance qui pourrait à son tour conduire à un référendum d’autodétermination sur le modèle de ceux prévus en Écosse et en Catalogne. « Ce n’est pas un parcours facile », concède-t-il anticipant déjà les recours que ne manquerait pas de déposer l’Etat italien. « Le droit international va nous donner raison », assure-t-il. » 

« Non, explique crûment un des responsables du scrutin, nous ne voulons plus faire partie d’un pays où rien ne marche et qui va droit dans le mur. » Sur le site plebiscito.eu, dans la partie intitulée « les raisons de voter oui » (celle consacrée aux raisons de voter non est encore vide à ce jour) on peut lire : « L’indépendance est désormais évidente. L’alternative, c’est la mort dans une Italie repliée sur elle-même. » Une analyse pas très éloignée de celle de Beppe Grillo qui, sur son blog, invite à retrouver “l’identité des Etats millénaires comme la République de Venise ou le Royaume des Deux Siciles”.

« ROME CONTINUE DE NOUS REGARDER AVEC MORGUE »

De passage à Rome, mardi, devant l’association de la presse étrangère, M. Zaia a tenté d’étayer la viabilité de ce projet : « Economiquement, soutient-il, la Vénétie, ses cinq millions d’habitants et ses 700 000 artisans et petites entreprises — « des héros » précise-t-il — sont tout à fait en mesure de survivre hors de l’Italie. Selon lui, la région paie 71 milliards d’euros d’impôts à l’Etat, soit 21 milliards de plus que ce qu’elle reçoit en investissements et services. Les 581 communes ont un budget équilibré et « pas un élu n’est l’objet d’une enquête judiciaire ». Enfin 7 habitants sur 10 parlent le vénitien. « Pourtant, déplore-t-il, Rome continue de nous regarder avec morgue, comme si nous étions aux frontières de l’empire. » 

« On nous a refusé l’autonomie, nous avons essayé la voie du fédéralisme, analyse le gouverneur. On nous a refusé le fédéralisme, nous demandons l’indépendance. » Reste à trouver un nom à cette nouvelle République encore dans les limbes. « Luca Zaia, qui portera ce projet aux élections régionales de 2015, assure n’y avoir pas pensé »…

 

Source: KH / EODE Press Office

 

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