Viols d’enfants en RCA: Le Suédois Anders Kompass, le lanceur d’alerte de l’ONU, a démissionné pour protester contre l’impunité des Casques Bleus en Centrafrique

Viols d’enfants en RCA: Le Suédois Anders Kompass, le lanceur d’alerte de l’ONU, a démissionné pour protester contre l’impunité des Casques Bleus en Centrafrique

Le Suédois Anders Kompass a démissionné pour protester contre l’impunité des Casques Bleus en Centrafrique.

Protester contre « la totale impunité » pour les violeurs

Un haut responsable de l’ONU, Anders Kompass, a démissionné pour protester contre « la totale impunité » concernant les cas de viols sur des enfants commis par des Casques bleus en Centrafrique a annoncé l’ONG UN Watch, dans un communiqué mardi 7 juin.

La démission de Anders Kompass, directeur des opérations sur le terrain au Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme, a été confirmée à l’Agence France-Presse par un porte-parole de l’ONU. Il a précisé qu’elle est intervenue il y a « quelques semaines » et qu’elle « prendra effet à la fin août ».

Aucune indication sur les raisons de la démission n’a été donnée par le porte-parole de l’ONU.

« La totale impunité pour ceux qui ont abusé de leur autorité, à divers degrés, associée au manque de volonté de la hiérarchie d’exprimer tout regret (…) confirme », que l’ONU n’a pas l’habitude de rendre des comptes, a déclaré Anders Kompass cité par UN Watch. Dans ces conditions, il est « impossible pour moi de continuer à travailler ici », a-t-il ajouté.

L’auteur de la fuite du rapport de l’ONU

Anders Kompass, de nationalité suédoise, a travaillé à Genève pendant plus de 30 ans pour le compte de l’ONU. Il est à l’origine de la fuite du rapport confidentiel de l’Organisation sur les « abus sexuels sur des enfants par les forces armées internationales », qu’il a transmis à la justice française en juillet 2014, estimant que l’organisation tardait à agir.

Selon Hillel Neuer, directeur de UN Watch, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et le haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, doivent « présenter leurs excuses à Anders Kompass, qui est un héros pour avoir tenté de protéger des enfants violés, contrairement à d’autres responsables de l’ONU ».

Dans un rapport publié en décembre 2015, un groupe d’experts indépendants avait vivement critiqué la manière dont l’Organisation internationale avait réagi à des accusations de viols, notamment d’enfants, en Centrafrique.

Les missions en Centrafrique et en RDC sont visées

Depuis plusieurs mois, l’ONU fait face à un scandale planétaire lié aux viols dont sont accusés des Casques bleus en opération dans des pays où ils sont censés protéger les populations. Selon le dernier rapport annuel du secrétaire général de l’ONU, 69 cas d’agressions sexuelles auraient été commis par des Casques bleus en 2015, en « nette augmentation » par rapport à 2014.

À elles seules, deux missions cumulent la moitié des cas : la Minusca en Centrafrique et la Monusco en République démocratique du Congo.

Par ailleurs, L’ONG Human Rights Watch affirme que des militaires du Congo ont tué au moins 18 personnes, y compris des femmes et des enfants, entre décembre 2013 et juin 2015, alors qu’ils servaient dans les forces de maintien de la paix en République Centrafricaine.

Deux ans après que Human Rights Watch a communiqué pour la première fois des informations sur des disparitions forcées perpétrées par des soldats de maintien de la paix de la République du Congo, l’ONG constate que leur gouvernement n’a pris aucune mesure pour mener des enquêtes crédibles ou rendre justice pour ces crimes.

Pierre Cochez

Source: La Croix

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