Voici le discours-programme du néo-panafricanisme selon Luc Michel

INTERVENTION DE LUC MICHEL LORS DU COLLOQUE D’ABIDJAN : « LE NOUVEAU PANAFRICANISME.

DES IDEOLOGIES DU XXe SIECLE A LA GEOPOLITIQUE DU XXIe SIECLE »

Merci, Monsieur le président,

Je vous salue.

Je remercie le président de l’Assemblée nationale, et l’Assemblée nationale d’accueillir ce colloque. C’est la preuve que le panafricanisme est en train de se répandre partout et que bien entendu, et comment cela pourrait-il en être autrement, cela est également le cas en Côte d’Ivoire.

# Intro

1) QUELQUES MOTS SUR MON PARCOURS: POURQUOI LE « PANAFRICANISTE BLANC » ?

* Pour ceux qui ne me connaissent pas sur Afrique Médias: Qui est le panafricaniste blanc ?

* 25 ans de combats aux coté de Kadhafi et de la Jamariyah

Je voudrais vous dire un mot sur mon parcours africain, pourquoi je me suis retrouvé « panafricaniste blanc ». Le grand Nkrumah disait que « l’on ne naît pas Africain mais que l’Afrique naît en vous ».

Moi, j’ai découvert l’amour de l’Afrique en Libye, il y a longtemps. Ceux qui me suivent sur Afrique Media doivent savoir que j’ai un parcours africain de plus de 25 ans avant nos jours.

J’ai été de ceux qui ont suivi le colonel Kadhafi. J’ai défendu la Jamahiriya. J’ai été en Europe l’organisateur du Mouvement paneuropéen des Comités Révolutionnaires libyens (le MCR). Et cela jusqu’au bout, puisque en avril 2011 j’ai organisé la seule Conférence internationale de soutien à la Jamahiriya sous les bombes de l’OTAN à Tripoli (1).

C’est aussi grâce à Kadhafi que je suis devenu panafricaniste. Le Panafricanisme, c’est une initiation. Je suis arrivé dans une Libye qui était encore panarabe. Puis, nous avons vu arriver ce panafricanisme et nous avons découvert aussi – car ne croyez pas que je suis un cas isolé, nous sommes nombreux en Europe des deux côté de l’ancien rideau de fer à penser la même chose – avec surprise que ce mouvement panafricaniste ressemblait très fort au mouvement paneuropéenniste du 19e siècle. Que les grands noms de Marcus Garvey jusqu’à Nkrumah ressemblaient à nos Victor Hugo et nos Mazzini.

J’ai donc suivi le colonel Kadhafi. Et lorsque la grande nuit s’est abattue après la destruction de la Jamahiriya, nous avons décidé de continuer le combat avec des camarades européens et avec des camarades africains.

J’ai une vie, bien évidemment, en dehors d’Afrique Média.

Je suis le dirigeants d’une organisation internationale qui est établie sur deux continents : en Eurasie et en Afrique. Nous avons deux Secrétaires-généraux. Un pour l’Eurasie qui est français mais qui vit en Russie, Fabrice BEAUR. Et un pour l’Afrique qui est Camerounais, Gilbert Kanto.

Je suis évidemment quelqu’un de controversé parce que je ne suis pas un vendeur d’eau tiède. Je suis quelqu’un qui sers de l’eau glacée ou de l’eau brûlante.

Il y a notamment une controverse sur ma venue à votre colloque. Elle échappe par sa brutalité et sa vulgarité foncière aux limites du débat, ce pourquoi on n’en parlera pas. Cela n’en vaut pas la peine.

J’ai découvert avec bonheur, car lorsque l’on mène un combat comme le mien c’est important d’être soutenu, de nombreux membres de mon public en Côte d’Ivoire et je les en remercie pour leurs marques d’amitié depuis ce matin.

# Partie I

2) L’EMPREINTE DES IDÉOLOGIES SUR LE PANAFRICANISME DU XXe SIÈCLE

* Quel panafricanisme?

* Panafricanisme ou Panafricanismes ?

* Le Panafricanisme d’hier est inséparable des idéologies du XXe siècle

* Ces idéologies en ont limité la portée: pourquoi il a toujours manqué une ligne pragmatique

* Le Panafricanisme dans les conflits idéologiques du XXe siècle

* Pourquoi les visions idéologiques conduisent aux contradictions internes du Panafricanisme

Pour en revenir au sujet, le panafricanisme en fait ? et c’est un de ses grands problèmes, est né on va dire globalement entre le Congrès panafricain de 1900 et la naissance de l’Union africaine le 09 09 1999.

Il a malheureusement épousé toutes les idéologies européennes du 19e et du 20e siècle. Ce fut dans certains cas sa force mais également sa limite et son malheur.

Il y a eu le nationalisme évidemment. Il y a eu les idéologies de Libération nationale. Il y a eu le Marxisme. On se souvient du Grand George Padmore avec son livre « Communisme et Panafricanisme » dont la couverture a marqué tous ceux qui l’ont lu : une carte de l’Afrique au couleur du drapeau panafricain avec la faucille et le marteau.

Il y a eu aussi des choses moins bonnes, non libératrices. Il y a au sein du courant que l’on appelle « afrocentriste » une orientation qui malheureusement reprend ce qu’il y avait de pire dans les idéologies européennes. C’est l’idéologie du repli identitaire. Celle du Fascisme et du Nazisme. Il y a encore aujourd’hui des afrocentristes qui affirment l’idée d’une « supériorité raciale de l’Homme noir ». Cela n’est pas plus défendable que les théories qui avaient cours autour de Berlin à partir de 1933. Ce sont des impasses. Des impasses qui ont évidemment coûté très cher au Panafricanisme.

Car si l’alliance avec le courant communiste a été positif, et s’il ne faut pas contester le rôle des Cubains ou des Soviétiques dans la libération des pays soumis aux empires coloniaux, notamment du Portugal. Positif aussi le soutien à Lumumba, dont je salue ici mon ami, son fils Roland. Mais ce même côté positif a aussi conduit le Panafricanisme et les hommes politiques panafricanistes dans la guerre froide. Une des grandes raisons pour laquelle le Panafricanisme a été laminé au cours des 60 dernières années, c’est parce qu’il a été pris dans l’affrontement Est-Ouest. Dans la naissance de la Françafrique de de Gaulle et de Foccart, si vous ne prenez pas l’anticommunisme comme fondement de cela, vous ne pouvez pas comprendre. Il n’y a pas seulement la volonté de voler aux Africains leurs indépendances. Il y a évidemment la question de l’anticommunisme. On voit d’ailleurs Foccart intervenir contre Lumumba au Congo. On voit les réseaux Foccart intervenir dans la césession du Katanga. Et il le font pourquoi ? Ils le font par anticommunisme pur !

3) MORT DES IDÉOLOGIES ET ÉCHECS DU PANAFRICANISME

* Pourquoi la fin des idéologies a marqué l’échec du Panafricanisme

* L’impasse du Panafricanisme au début du XXIe siècle

* Pourquoi les questions posée par le panafricanisme restent de pleine actualité ?

On a vu donc malheureusement au cours de ce qu’appellent les historiens « le long 19e siècle et le long 20e siècle », qui ne forment qu’une seule période, la lente dérive du Panafricanisme. Et on arrive à l’implosion du Bloc soviétique. Et c’est la fin des idéologies. On voit même cette idéologie marxiste-léniniste qui avait prétendu faire des idéologues « les ingénieurs des âmes » s’effondrer. On voit l’Orthodoxie qu’on avait chassé sous Staline prendre la place de l’idéologie marxiste-léniniste en Russie.

Et l’Afrique est à ce moment-là devant un défi. Elle est dans une impasse !

L’O.U.A. ne fonctionne pas. La brillante oratrice qui m’a précédé l’a très bien expliqué. Elle a aussi expliqué ce « Panafricanisme qui détruit ». C’est pourquoi je ne reviendrai pas là dessus car je partage totalement son analyse. Lorsque Kadhafi intervient dans le processus panafricaniste, il est devant ce constat d’échec. Il tente de résoudre ce constat. Et il le fait à partir de ce moment-là avec quelque chose de nouveau qui est une vision géopolitique.

Kadhafi, c’est à la fois une étape mais c’est aussi un échec. Un échec que j’expliquerai plus loin. Pourquoi ? Parce que la Jamahiriya est détruite par l’agression occidentale. La plupart des choses que Kadhafi a proposé, on les propose aussi et à nouveau aux sommets de l’Union africaine depuis des années. Et la « mayonnaise ne prend pas ».

Pourtant toutes les questions que pose le Panafricanisme restent des questions actuelles. La question de la recolonisation de l’Afrique que ce soit par Washington ou par Paris en première ligne. Et on voit même revenir dans ce cadre-là Berlin, qui fait son grand retour en Afrique et qui fut l’organisatrice de la fameuse Conférence de Berlin de 1885. La grande-Allemagne de Madame Merkel revient en Afrique avec une nostalgie coloniale d’un autre temps.

On voit l’Afrique incapable de se dégager de l’aide financière de l’Union Européenne par exemple. C’est ce qui explique les problèmes de l’Afrique en matière électorale et ainsi de suite. Vous connaissez tout cela. Tous les gens qui ont au cœur l’intérêt de l’Afrique connaissent ces problèmes.

# Partie II

4) LA GÉOPOLITIQUE SCIENCE MAJEURE DU XXIe SIÈCLE. QUELLE DEFINITION ? QUELS GRANDS AXES ?

* Pour une vision pragmatique de la géopolitique

* Les impératifs de la géopolitiques pour être une science: sortir de la confusion actuelle

* La géopolitique est inséparable d’un point de vue géographique

* Quand la géopolitique porte une vision du monde: l’Etat géo-idéologique

* La dimension c’est la puissance, la puissance c’est la liberté !

Kadhafi avait alors proposé, un peu de manière intuitive et sous l’influence de la « Géopolitique des grands espaces » européenne, comme base au Panafricanisme non plus l’idéologie mais la Géopolitique.

La Géopolitique, je le dis, et c’est une affirmation personnelle, est la science majeure du 21e siècle.

Au 19e siècle, la science majeure était l’économie politique. L’économie politique de Marx. L’économie politique de Friedrich List qui est le père du Nationalisme économique. La science également d’Adam Smith, le père du libéralisme. A l’époque, l’économie politique expliquait le monde. Aujourd’hui, et vous pouvez faire le tour des laboratoires idéologiques, il n’y a que la Géopolitique qui explique le monde. Mais il faut que cela soit une Géopolitique scientifique. Il faut que cela soit une Géopolitique pragmatique. Actuellement, la Géopolitique est passée du statut de science maudite en 1945, en un ornement du discours de la plupart des commentateurs politiques.

La Géopolitique comme science, naît aux États-Unis avec des gens comme Mahan. Elle domine et elle n’a jamais cessé de dominer la politique internationale américaine jusqu’à Brzezinski. Et Brzezinski est encore jusqu’à aujourd’hui le conseiller géopolitique d’Obama. Ce qui explique d’ailleurs que les Africains ont très mal appréhendé Obama, qui n’est pas un « président noir », qui est un président américain évidemment.

La géopolitique s’est aussi développée en Allemagne. Et elle a eu comme problème d’être une des choses qui n’ont pas permis mais ont servi à justifier l’expansion du Deuxième Reich de Bismarck et Guillaume II, et surtout celle du Troisième Reich nazi. En 1945, c’est une science discréditée à cause de cette cohabitation contre laquelle la géopolitique n’y peut rien. Staline l’avait même interdite alors que lui-même la pratiquait en maître.

La géopolitique ressurgit dans l’univers universitaire en France à la fin des années 70 avec des gens comme le géographe Lacoste et d’autres. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui est accepté par tout le monde mais que la plupart ne comprennent pas.

Je m’en explique. On met de la « géopolitique » partout. On confond avec elle les relations internationales, l’histoire diplomatique, la diplomatie secrète, les statistiques économiques. Tout devient « géopolitique ». La géopolitique, ce n’est pas ça.

La géopolitique c’est quoi alors ?

Tout d’abord, c’est une science qui vise à la viabilité des états en définissant les conditions de leur puissance. La géopolitique fournit une grille de lecture actuelle. Elle permet la prospective politique. C’est ce que l’on appelle la « géopolitique d’analyse prospective ». Elle permet aussi de comprendre le passé. Il y a des conflits géopolitiques classiques comme les guerres puniques entre Rome et Carthage il y a 2400 ans. Il y a des schémas directeurs. Tout cela donne une vision claire à condition que l’on reste dans le cadre géopolitique stricto sensu. Evidemment, des journalistes qui veulent avoir l’air intelligent mettent la géopolitique à toutes les sauces. Et on en arrive à parler d’un concours comme de l’Eurovision… ça n’a pas de sens.

Ensuite, la géopolitique ne peut se comprendre qu’à partir d’un point de vue particulier (2). Elle est vue de Washington, elle est vu de Pékin ou elle est vue de Moscou. Mais le même problème vu de Washington, de Pékin ou de Moscou n’aura pas la même analyse et la même solution. Si vous perdez de vue cela, vous perdez toute compréhension de cette science.

J’y reviendrai plus tard. Car c’est un des problèmes de l’Afrique. Il n’y a pas une « Géopolitique vue de l’Afrique ». Donc, on adopte des points de vue, des analyses, des grilles de lecture qui sont celles de la Géopolitique anglo-saxonne, française ou parfois de la géopolitique russo-chinoise. On a donc par conséquence une vue qui est faussée.

Car la géopolitique détermine une vision du monde. La géopolitique américaine a une vision du monde qui est d’appliquer à la planète entière « l’American way of life ». Et parlons franchement. La mondialisation, c’est quoi ? C’est la normativité mondiale selon l’économie et la politique américaine.

Il y a une autre géopolitique à Moscou que l’on appelle le « néo-eurasisme » à laquelle j’ai contribué dans les années 80 (3). Là, c’est de faire une Grande-Europe indépendante avec les puissances anglo-saxonnes qui en soient chassées. On est dans un autre point de vue.

Enfin, la dernière chose qu’il faut dire de la géopolitique et on peut la résumer dans une maxime utile pour l’Afrique et les Africains de la manière suivante : « la dimension, c’est la puissance ! La puissance, c’est la liberté ! »

Qu’est-ce qui fait la puissance ? C’est la dimension des états, ce que l’on appelle en Géopolitique les « grands blocs continentaux », les « grands espaces ». Et cette dimension donne la vraie liberté.

La liberté, c’est alors quoi ? C’est de choisir son modèle politique, de choisir son modèle économique, de choisir son type de démocratie.

Tout ça – et évidemment vous faite le même constat que moi – n’existe pas en Afrique. En Afrique, on vient vous proposer des schémas qui ont fait faillite ailleurs. Le « parlementarisme de type bourgeois » par exemple, qui a échoué dans la plupart des pays européens. Un Français sur deux par exemple ne va plus voter. Il n’y a plus d’adhésion au Système. Mais on vient vous dire en Afrique, où les réalités sont toutes autres, que c’est la panacée universelle.

5) UNE VISION GÉOPOLITIQUE POUR LE PANAFRICANISME. L’HÉRITAGE DE KADHAFI.

* La géopolitique des « grands espaces » et l’unification du continent africain

* Afrique – Europe – Méditerranée: confrontation ou nouvelle « Mare nostrum », bâtir des murs ou lancer des ponts ?

* Obiang et Deby dans la ligne de Kadhafi

* Pourquoi la vision de Kadhafi ne pouvait être acceptée par le Bloc occidental

* Les conditions de l’unification et de l’indépendance africaines : armée africaine – monnaie africaine – Bloc continental africain

* Pour une géopolitique africaine sans complexes

Il y a un homme, il y a 20 ans maintenant, qui a réfléchi à tout cela. C’est Kadhafi ! Kadhafi, on en a eu et on en a donné une perception fausse qui est celle des schémas occidentaux : un dictateur, un homme fou, un homme autiste. C’était au contraire quelqu’un qui lisait beaucoup, qui écoutait beaucoup. Il avait un groupe d’intellectuels qui lui résumait les tendances du monde, que l’on appelait « la main » parce qu’ils étaient cinq. Et lorsqu’il a lancé le mouvement d’unification qui a donné naissance à l’Union africaine, Kadhafi a regardé ce qui s’était fait avant. Et il a voulu adapter à la réalité africaine le mouvement d’unification européenne (4). Il s’est trompé, il faut le dire, dès le départ. Il n’avait pas compris qu’il y avait un cheval de Troie occidentaliste qui faussait tout en Europe et qui se nomme l’Alliance atlantique.

L’alliance Atlantique est un harnais entre les mains des Etats-Unis, qui tiennent sous contrôle tout le processus européen. Kadhafi pensait que les Européens pouvaient s’en affranchir. Il a notamment été l’un des grands soutiens de l’Euro. Et lorsqu’il y a eu la grande crise des banques mondiales, il a soutenu les banques européennes en 2008 en Italie, en Allemagne, en France, en Belgique, en Espagne. Je pense d’ailleurs que c’est une des raisons pour lequel il a été abattu car ces pays ne pouvaient plus le rembourser. Il y a d’autres raisons mais c’est une des raisons qui ont provoqué cette tragédie libyenne.

Comment Kadhafi voyait-il l’Afrique ?

Il voulait des Etats-Unis d’Afrique. Lui parlait plus précisément « d’Etat continental fédéral africain ». Il voulait une articulation entre le mouvement d’unification de l’Europe et celui d’Afrique. Une Méditerranée qui soit redevenue la Mare nostrum. La vieille idée de la « Mare nostrum » romaine, qui ne soit plus une frontière et où la Libye serait un pont (5).

C’est la raison pour laquelle le fossé entre lui et les dirigeants de l’Union européenne s’est agrandi.

Car pour les dirigeants de l’Union européenne, le « processus de Barcelone » concevait la Méditerranée comme la frontière extérieure de l’Union Européenne, de la « forteresse Europe » (qui s’inspire honteusement de la « Festung Europa » des nazis) et non comme une opportunité de symbiose. Pour eux, il fallait que cette frontière soit infranchissable. C’est la grande panique du non-contrôle des flux migratoires. Kadhafi leur avait pourtant annoncé en mars 2011. Il leur avait dit « après moi, vous aurez al-Qaïda, vous aurez l’immigration sauvage » ! On a tout ça maintenant et les drames qui vont avec. C’était la vision de Kadhafi.

Il y a donc une opposition idéologique qui s’est développée à partir de 2007-2009 entre lui et les dirigeants de l’UE.

Kadhafi posait ce qui restent encore aujourd’hui les trois conditions d’une Afrique indépendante :

– Première condition : un Etat autour d’un Bloc continental. Un « Bloc continental » qu’est-ce que c’est ? Cela suppose une économie intégrée. J’y reviendrai. Ca suppose une intégration politique. Ca suppose la libre circulation des biens et des personnes.

– Deuxième condition : Cet Etat doit avoir la charge des fonctions régaliennes : battre la monnaie pour contrôler son économie. Kadhafi a proposé la Banque africaine de développement. Il a proposé une monnaie africaine, qu’il voulait l’appeler le « Dinar or ». On parle aujourd’hui d’Afro. Et ainsi de suite. Vous retiendrez déjà que dans le Panafricanisme qui a surgi des ruines de la destruction de la Jamahiriya, la question de la monnaie est une des batailles centrales ; que ce soit la question du franc CFA ou que ce soit la question d’une monnaie africaine.

– Troisième condition : battre monnaie c’est bien, mais si vous ne savez pas protéger votre monnaie, votre modèle économique, cela ne sert à rien. Il faut une Armée panafricaine. Là, il faut suivre la démarche de kadhafi. Allez voir pourquoi l’Europe est devant un échec politique. L’Union Européenne est devant un échec, parce qu’elle a été incapable de passer de l’intégration économique, de la monnaie unique à justement un Etat supranational et à l’Armée européenne. Dans le Traité de Maastricht il est contenu directement une disposition qui explique l’échec annoncé de l’Union Européenne, que vous voyez tous les jours.

Cette disposition confie la défense de l’Europe à l’OTAN. A partir de ce moment-là, c’est une terrible leçon pour l’Afrique. Ne rêvez pas d’une monnaie africaine, si vous n’avez pas une armée africaine pour la protéger.

Voilà ce que voyait Kadhafi. Il avait surtout une démarche intellectuelle qui est la mienne. Il faut sortir les Africains de tous les complexes. Du complexe d’infériorité qui vient de l’esclavage, qui vient de la traite négrière, qui vient des années du colonialisme. Mais aussi du complexe inversé opposé qui fait que l’Africain par lui-même serait capable de tout. C’est un discours que l’on rencontre chez certains afrocentristes et qui ne conduira à rien. Il faut des Africains décomplexés qui aillent voir ailleurs comment cela se passe. Qu’on le veuille ou non, nous sommes dans un monde globalisé. La globalisation, ce n’est pas seulement l’économie. Elle a commencé avec le « Village Global » de la communication de Mc Luhan. On ne sortira plus de cela. Le jeune Africain, le jeune Russe, le jeune Européen, le jeune Américain, tous ces jeunes s’abreuvent tous aux mêmes médias, au mêmes réseaux Internet. Facebook est là pour le démontrer. Facebook n’a jamais pu déboucher, malgré ses tentatives, sur une division par continent. c’est un phénomène mondial.

# Partie III

6) QUE’EST CE QUE LE NEO-PANAFRICANISME ? LA NOUVELLE GENERATION PANAFRICAINE.

* Les quatre générations du panafricanisme : comment chaque génération naît des échecs de la précédente

* La quatrième génération panafricaniste : la nôtre

* Des idéologies à la géopolitique et au pragmatisme

* Panafricanisme d’en haut et Panafricanisme d’en bas : comment chefs d’état panafricanistes et masses panafricaines font avancer la cause

J’en viens maintenant à ce qui est un futur possible du Panafricanisme, ce que j’ai appelé justement le NEO-PANAFRICANISME.

C’est un Panafricanisme qui est soutenu par des gens comme moi qui animent Afrique media. Je m’expliquerai aussi sur le combat d’Afrique média.

Il y a eu en fait quatre générations de panafricanistes :

– La toute première, celle des Congrès panafricains.

– La deuxième génération, çe fut celle du père de Roland Lumumba, de Nasser, de Nkrumah. Celle de ces chefs africains qui ont cru – mais les Européeistes y ont cru aussi sur le vieux continent – qu’il suffisait de vouloir une nation africaine, de combattre pour une idée transnationale pour qu’elle prenne corps, pour qu’elle se propage. Cela n’a pas fonctionné.

– La troisième génération, c’est celle de l’Union Africaine. Celle de Kadhafi.

– La quatrième, c’est évidemment celle que nous représentons tous, celle à laquelle, pour la première fois dans l’histoire du Panafricanisme, adhèrent des masses populaires considérables.

Le Panafricanisme, aujourd’hui, ce n’est plus une affaire d’intellectuels, c’est l’affaire de gens du peuple parfois peu éduqués. C’est une affaire de masses considérables dans la jeunesse de tous les pays africains. Une chaîne de télévision comme Afrique Media est née de cela principalement. C’est une interaction entre une chaîne qui a trouvé son public. Mais aussi un public qui a été conscientisé par sa chaîne.

Cette génération elle ne croit plus aux idéologies. Elle ne veut plus entendre parler de tout ce qui a raté. Elle croit au Panafricanisme en lui-même. Elle pense, et c’est mon avis aussi, que le Panafricanisme peut devenir une idéologie complète, globale avec sa vision du monde et sans devoir épouser quelque chose d’autre pour exister, un « Communautarisme africain » !

Vous noterez que l’Afrique suit la marche du monde parce qu’au centre du Vieux Continent, il y a ce que l’on appelle le « néo-Eurasisme. C’était une curiosité intellectuelle dans les années 80. C’est en fait une idéologie russe des années 20, dont j’ai été le premier à reparler dans les années 80. Mais, aujourd’hui, c’est l’idéologie officieuse de l’Etat russe.

Les Russes pensent que l’on peut tout bâtir autour de cela. Il faut que l’Afrique suive évidemment la même démarche.

C’est un panafricanisme qui touche à la fois l’Afrique d’en haut et l’Afrique d’en bas. Avec les gens que je rencontre, avec les gens avec qui je discute, particulièrement dans les sommets de l’Union Africaine et ailleurs, il y a des gens qui me disent suivre ce Panafricanisme. Ce sont des ambassadeurs, ce sont des chefs d’État, ce sont des ministres. Il y en a quasiment dans tous les pays africains, même si certains gouvernements n’ont pas pris l’option panafricaine, il y a des panafricanistes en leur sein.

C’est aussi une idéologie d’en bas parce que parce qu’elle touche vraiment les gens des masses populaires. Il y a par exemple au Cameroun un mouvement contre le Franc CFA. C’est la « Coalition pour l’abolition du Franc CFA ». Elle est animée par des artistes de rue, elle est animée par des étudiants très jeunes qui sont par exemple encore au collège. C’était un phénomène qui auparavant était tout à fait impensable.

7) LES GRANDS AXES DU NEO-PANAFRICANISME

* Praxis et action : une idée en marche

* Un humanisme. Contre tout repli identitaire

* Une vision géopolitique continentale : vers un Bloc continental africain auto-centré

* Pourquoi les africains doivent lire Friedrich List ?

* L’Etat africain : un impératif inévitable

* Un panafricanisme des masses

* Quand la conscience des masses précède celle des élites (une première historique)

* Pour une démocratie africaine souveraine: l’Afrique doit cessé de suivre l’agenda et les thématiques occidentales

* Le rôle d’Afrique Média. La bataille des médias au coeur de la grande politique du XXIe siècle

* La recherche des nouvelles alliances

Les grands axes de ce NEO-PANAFRICANISME reposent sur une IDEE CENTRALE : tout d’abord il faut de l’action ! Le Panafricanisme c’est « une idée en marche » L’idée en marche est-ce que Mazzini le grand européen de 1830 disait du mouvement de libération et d’unification de l’Europe, il disait « nous sommes une idée en marche ». Le Grand Victor Hugo disait LUI « je suis une force qui va » ! C’est la même idée, c’est ce que les marxistes appellent n’avait pas tort surtout évidemment au contraire c’est ce que donc les marxiste appelaient la « Praxis ». Marx n’avait pas tort sur tout évidemment, au contraire !

LA DEUXIEME CHOSE – et j’étais extrêmement heureux d’entendre les autres intervenants, dont mon ami Roland Lumumba parler de son père – : c’est la centralité mise sur l’humanisme, le Panafricanisme aujourd’hui c’est un humanisme. C’est l’opposition même à ce qui est le repli identitaire, les idées racialistes, les idées de division, les Petit-nationalismes … L’Africain aujourd’hui est un citoyen du monde, il a son mot à dire dans ce monde et il a beaucoup à apporter au monde. Il faut aller redécouvrir l’histoire africaine et beaucoup d’autres choses !

LA TROISIEME CHOSE c’est évidemment la centralité mise sur les thèses géopolitique. L’idée du Bloc continental parce que cela c’est fondamental. Derrière l’idée du bloc continental, il y a l’idée du développement. Le grand théoricien du développement des états, c’est un allemand qui vivait aux États-Unis et qui s’appelle Friedrich List, au milieu du 19e siècle. C’est lui qui pose les jalons de ce que l’on a appelé – et c’est péjoratif chez certains intellectuels, alors que cela ne devrait pas l’être, le « Nationalisme économique ». Il pose les conditions du développement des États qu’il appelle « en voie de développement ».

Les États en voie de développement pour lui ce sont les États-Unis de 1830, c’est l’Allemagne1830. Mais ce sera aussi la Communauté européenne de 194. Les idées de List était partagées par les concepteurs de la CECA et de la CEE, mais cela était caché parce que l’on ne voulais pas donner à l’Europe qui se construisait sur les cendres du nazisme une caution allemande. Il lance une série d’idées économique : il dit tout d’abord qu’il faut faire tomber à l’intérieur les barrières douanières, en Allemagne il lance un mouvement qui s’appelle le « Zollverein » (l’Union douanière). C’est ce qui permet l’unification allemande, le IIe eich de Bismarck de 1871. Aux Etats-Unis c’est la même chose : il n’y a plus de droits de douane entre États américains, mais il y en avait avant 1810 par exemple.

C’est la même chose sur laquelle l’Afrique doit réfléchir aujourd’hui !

Friedrich List défini un deuxième concept, qui n’est pas née du tout dans les laboratoires du Fonds monétaire international : c’est l’idée de « l’émergence ». Certains économistes ont l’impression que le concept d’émergence apparaît dans les années 80, mais en fait c’est un thème qui apparaît en 1820 ! Il faut en Afrique relire Friedrich List !!! Ce sont vraiment les clés du démarrage économique et unitaire du continent africain.

LA CARACTERISTIQUE SUIVANTE du NEO-PANAFRICANISME c’est que c’est « un panafricanisme des masses ». Les masses populaires sont prêtes pour le panafricanisme. Et je vais ajouter pour ceux qui connaissent bien les théories de Lénine sur la « spontanéité révolutionnaire » que nous sommes dans un schéma en Afrique aujourd’hui qui est inédit dans l’histoire ! De tous temps dans l’histoire, ce sont les élites qui ont précédé les masses ; aujourd’hui au niveau du Panafricanisme ce sont les masses africaines qui précèdent les élites, qui précèdent les chefs d’État, qui précèdent les partis politiques.

Allez écouter les jeunes, les ouvriers dans les rues de Douala, de Yaoundé ou de Ndjaména et vous aurez une immense surprise ! Ils vont infiniment plus loin dans leur désir d’Afrique que les gouvernements. C’est un phénomène tout à fait nouveau qui me rend optimiste, parce que ce désir d’Afrique des masses on ne pourra pas l’étouffer ! Et je vais ajouter que dans les 20 années qui vont venir les hommes politiques africains qui voudront aller à l’encontre de cela – que ce soit par petit-nationalisme, que ce soit par pesanteur politique, ou encore pire parce qu’il y a une bourgeoisie africaine qui est très heureuse dans son statu quo néocolonial -, il faut le dire, ces gens vont se heurter aux masses panafricaines !

LA DERNIERE CARACTERISTIQUE : le néo panafricanisme dit que l’Afrique doit choisir sa voie vers le développement économique et vers la démocratie.

Il faut aussi voir ce qui se fait en Chine, il faut aller voir ce qu’il se fait en Russie. Il ne faut pas aller uniquement prendre ce modèle occidental qui va d’une crise économique à l’autre et dont je ne pense pas que cela soit une réussite.

Il y a également la question des institutions politiques. Moi je prône ce que j’appelle « la démocratie africaine souveraine ».

C’est ce que l’on essaye de mettre en place par exemple en Guinée Equatoriale avec le président Obiang Nguema Mbassogo, un système démocratique qui fonctionne avec un dialogue avec l’opposition patriotique, avec des ministres de l’opposition dans le gouvernement. Il faut mettre un terme à ces guerres civiles qui déchirent les peuples africains. Une des raisons de l’hostilité à ma venue ici que j’ai rencontrée avec une petite minorité, ce sont les scories de la guerre civile en Côte d’Ivoire … Il faut sortir de ça. L’Afrique ne s’unira pas, ne se développera pas, si elle n’adopte pas l’esprit qui a été celui des Européens en 1945, malgré Auswitch, malgré le 3e Reich nazi. De Gaulle, qui est un des vainqueurs de l’Allemagne, va quand même tendre la main à Bonn et il y parle en allemand. C’est de cette démarche là donc je parle aujourd’hui …

8) LA PLACE DE L’AFRIQUE DANS LE MONDE MULTIPOLAIRE. REPLI ISOLATIONNISTE AFRICAIN OU NOUVELLES ALLIANCES GEOPOLITIQUE ?

* La tentation du repli isolationniste africain

* Pourquoi l’Afrique ne peut plus se libérer seule

* La dimension est la clé du monde de demain : des Grands espaces aux Léviathans géopolitiques

* La nécessité de nouvelles alliances géopolitiques : vers un Axe Eurasie-Afrique

* Pourquoi la globalisation s’oppose à l’émergence africaine

* Pourquoi l’Afrique doit refuser les idéologies du monde globalisé : ni Mc World ni Djihad

* Ne plus subir les visions géopolitiques des autres

J’en arrive au bout de ma démarche qui est de vous résumer les grands axes du NEO-PANAFRICANISME. Ma conviction profonde c’est que l’Afrique seule ne s’en sortira pas.

Il y a actuellement au sein du Panafricanisme des gens qui disent que « nous devons nous replier sur nous-mêmes », que « les africains doivent se replier sur la culture africaine », que « l’Afrique doit s’isoler pendant une génération » … Ne rêvez pas, vous êtes dans un monde globalisé, avec une superpuissance agressive, avec d’autres qui aspirent à le devenir, on ne va pas vous oublier pendant une génération. Il n’y aurait alors pas de sursaut africain dans 20 ou 30 ans ! Il ne faut pas un isolationnisme africain, l’Afrique ne peut pas se libérer seule parce que ce sont les lois d’airain de la Géopolitique. Lorsque j’ai dit que « la géopolitique explique le monde », elle explique aussi comment on a une concentration de la puissance. La montée dans la dimension, on l’a déjà connue dans l’Antiquité classique. Donc dans l’Antiquité, on est passé des Cités-États aux royaumes, puis on est allé aux empires Chaque fois c’est la même chose ! Ce qui est possible avec des petits groupes d’états dans l’Europe à six ou à huit de 1958, ce que l’on a appelé le Panarabisme qui a échoué et qui était celui de Nasser, du Ba’ah, ou encore tcelui de Kadhafi Kadhafest, ont échoué Car Les pays arabes avaient perdu cette dimension dès les années 80. Et qui était possible pour l’Afrique dans les années 80 et 90, cela ne tient plus aujourd’hui

Quel est le futur du monde, non pas dans deux ou trois siècles, mais dans 25 ou 30 ans ?

Ce sont les « super blocs géopolitiques » ! Les Américains nous montrent ça : il y a actuellement le Traité Nafta, que beaucoup de monde n’ont pas compris, qui organise l’intégration de l’Amérique du Nord dans un bloc économique Rappelez-vous que les États-Unis suivent les préceptes de Friedrich List. Du bloc économique vous partez vers le bloc politique : c’est l’intégration du Mexique, des États-Unis et du Canada Et il y a aussi le Traité TAFTA, qui vise à l’intégration de l’Union Européenne, pour qu’elle échappe à la Russie.

Nous avons aussi l’exemple de l’Eurasie avec la Russie, qui est tout de même la deuxième puissance militaire mondiale forte de ses 9000 tête atomique, et celui conjoint de la Chine puissances régionales de premier plan : ils se sont unis dans une union géopolitique que l’on appelle « l’Organisation de coopération de Shanghai ». C’est une union de 13 républiques ex-soviétiques, de la Russie, de la Chine. Viennent d’y adhérer en juillet dernier l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Si tous ces gens ensemble, dont le but est un monde multipolaire, pensent que seuls ils n’ont aucune chance, est-ce que vous pensez que l’Afrique, qui n’a pas d’industrie lourde, qui n’a pas de grande armée, qui n’a pas d’armes nucléaires, pourra peser sur la balance mondiale ??? Non évidemment !

Il faut donc pour l’Afrique de nouvelles alliances géopolitiques. Et elles sont logiques : il faut se tourner vers cette union de l’Eurasie et faire un « Axe géopolitique Eurasie-Afrique » (6) ! Egalitaire car il n’est pas question évidemment de revenir un quelconque colonialisme. J’ai entendu dans des discours précédents, et particulièrement ceux de mon ami Franklin, évoquer une « Chinafrique » qui est une réalité, une « Usafrique » … Faut-il craindre une « Russafrique » ? Le leader idéologique de ce Bloc de Shanghai eurasien c’est la Russie. Mais avec elle il n’y aura pas de Russafrique. Parce que la Russie n’est pas en Afrique pour vous recoloniser ou pour les matières premières. Allez voir une planisphère : la Fédération de Russie y est plus grande que l’Afrique, un Etat-continent, ils ont tout ce que l’Afrique a, pétrole, gaz, uranium …

Il faut que l’Afrique échappe aux griffes du bloc américano-occidental !

Parce que si elle ne le fait pas, il n’y aura jamais de monde multipolaire Et la Russie recherche des partenaires géopolitiques. C’est ce qu’un chef d’État comme le président Obiang Nguema Mbassogo (dont je soutiens l’action depuis plusieurs années, parce que lui a une vision pour l’Afrique) a compris. Et il a signé des accords militaires ouvrant les ports de Guinée Equatoriale à la Flotte russe par exemple au mois de juillet dernier. Cela assure un équilibre des puissances et on en revient à cet équilibre qui existait en Afrique avant 1991 et qui a permis la libération de beaucoup de pays africains .

# Conclusion

9) LE CHEMIN DU MONDE NOUVEAU COMMENCE EN AFRIQUE !

* L’Humanisme panafricain porte la libération intégrale de l’homme

* Pourquoi l’unification africaine est la première clé du monde multipolaire

* Paraphraser Marx : les géopoliticiens doivent changer le monde !

Je terminerai sur deux idées centrales !

LA PREMIERE c’est que l’Afrique doit arrêter de subir et de voir le monde avec les idéologies et la géopolitique des autres. Un livre indique ce que l’Afrique doit refuser : c’est un livre qui s’appelle « Mac Word versus djihad ». C’est ce que nous vivons aujourd’hui ,les deux grandes idéologies globalisées, celle de la globalisation capitaliste made in USA et celle du djihadisme ou de l’islamisme radical. La vision américaine du livre est évidemment que l’on devrait choisir entre les deux … Moi je dis « ni Mac word ni djihad » ! Et surtout en Afrique.

LA SECONDE IDEE c’est qu’il faut comprendre une chose : c’est que le monde multipolaire où il va naître en Afrique où il ne naîtra jamais !!! L’Afrique c’est le continent neuf, c’est le continent de l’avenir, c’est la réserve de beaucoup de choses pour les autres. Suivant que ce sera une Afrique devenue indépendante, qui va se faire respecter, qui va venir à la table des autres puissances qui veulent un monde égalitaire, ou suivant que cette Afrique va être recolonisée par ce bloc américano-occidentale, l’avenir du monde va changer !

Une Afrique qui n’est pas libre, cela veut dire un monde qui ne le sera pas. S’imaginer que tant qu’un homme africain connaîtra ce que moi j’appelle » la troisième génération de l’esclavage », celle de la Finance mondiale, celle des modèles étrangers imposés, un homme ne pourra être libre sur terre, c’est une illusion.

C’est une des raisons de mon combat panafricain, parce que j’aime l’Afrique, parce que j’ai été conquis par l’Afrique. Il y a aussi des raisons intellectuelles, c’est-à-dire que le combat pour l’Afrique est la première étape vers un monde nouveau. Il implique ensuite les autres étapes, comme par exemple la libération de l’Europe occidentale. Et il n’y aura jamais d’Europe occidentale qui sortira de ce bloc américano- atlantiste s’il n’y a pas une Afrique libre.

Je terminerai simplement par une réflexion qui paraphrasera celle de Marx au 19e siècle :

Le grand Marx disait que « les philosophes jusque-là avaient interprété le monde et qu’il était temps qu’ils changent désormais le monde » … J’affirme aujourd’hui que la géopolitique offre au monde la seule vision pour le changer. Les géopoliticiens doivent aujourd’hui jeter les fondations de ce nouveau monde !

je vous remercie

LUC MICHEL / PANAFRICOM

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