Voici les chiffres de la discrimination aux Etats-Unis

Voici les chiffres de la discrimination aux Etats-Unis

La relaxe d’un policier blanc responsable de la mort d’un jeune Noir à Ferguson a provoqué de nombreuses manifestations aux Etats-Unis. Les chiffres de la discrimination, qui ont peu changé en 60 ans, expliquent pourquoi le terreau est fertile.

L’annonce de l’abandon des poursuites contre le policier responsable de la mort de Michael Brown, un jeune Noir sans arme, en août dernier, à Ferguson a provoqué une nouvelle nuit d’émeutes dans cette ville du Missouri. De Seattle à New York, en passant par Chicago et Los Angeles, des milliers d’Américains sont descendus également dans les rues lundi soir, pour protester contre ce qui est vécu comme une nouvelle injustice. Si le ressentiment des Africains-américains est profond, c’est qu’il est ancré dans des décennies de discriminations, que l’on retrouve dans presque tous les domaine de la vie publique. En voici quelques exemples.

La population

Les Afro-Américains représentaient 13,6% de la population lors du dernier recensement de 2010, selon le Bureau des statistiques américain, en légère hausse par rapport à 2000 (12,9%). Ces chiffres incluent les personnes “d’une ou plusieurs races”, selon la classification en vigueur aux Etats-Unis. On peut en effet être répertorié comme Noir et Hispanique dans les statistiques américaines. La proportion de Noirs pourrait atteindre 15% en 2060, selon des prévisions du bureau de rencensement.

La justice

C’est l’un des domaines où les discriminations sont les plus flagrantes. Les Noirs constituent 40% de la population carcérale (pour 13,6% de la population). Dans le même temps, les Blancs non hispaniques, qui comptent 64% de la population représentent 39 % de la population carcérale, rappelle le site Prison policy project.

Un écart qui se retrouve aussi dans le couloir de la mort. Depuis 1976, 34% des condamnés à mort exécutés étaient des Noirs, selon le Centre d’information sur la peine de mort.

Les disparités raciales liées au taux de criminalité ne suffisent pas à expliquer pas cet écart, relève The Atlantic. Les statistiques fédérales montrent que 84% des victimes blanches et 93% des victimes noires entre 1980 et 2008 ont été assassinés par quelqu’un de la même couleur. Pourtant, bien que près de la moitié des victimes d’homicide sont des Noirs, plus de trois quarts des victimes des condamnés à mort exécutés depuis 1976 sont des Blancs.

L’économie

Les Noirs sont largement plus pauvres que les Blancs. 27,2% des Afro-Américains sont sous le seuil de pauvreté, contre 15% pour l’ensemble des Américains.

Le revenu médian est de 33 321 dollars pour une famille afro-américaine en 2012 contre 51 017 pour la moyenne de la population. L’écart vis-à-vis des autres catégories de la population n’a guère changé depuis les années 1960, comme le montre ce tableau de l’US Census bureau.

Le taux de chômage chez les Africains-Américains est le double de celui des Blancs : 13,4% contre 6,7% en 2013, selon l’institut Pew Research. Si le taux d’activité a connu des hauts et des bas en fonction de la conjoncture, l’écart n’a quasiment pas varié en 60 ans.

La santé

Sans surprise, un plus grand taux de pauvreté induit des inégalités en termes de santé. Quelques exemples.

Les Afro-Americains avaient, en 2009, le taux le plus élevé de mort par crise cardiaque, d’AVC, de cancer et de diabète, selon le Centre de prévention des maladies (CDC).

Malgré un léger resserrement de l’écart, les Afro-américains vivent toujours moins longtemps que le reste de la population. L’espérance de vie moyenne à la naissance atteignait 78,7 ans en 2010, contre 75,1 ans pour les Noirs.

L’éducation

Les adultes afro-américains étaient moins nombreux à avoir obtenu un diplôme à la fin du lycée (80%) que les Blancs (90%) en 2005. Un rapport paru en mars dernier soulignait la perpétuation de ces déséquilibres.

Le cercle vicieux de la discrimination est renforcé par les faiblesses de l’encadrement scolaire: les étudiants noirs ont quatre fois plus de probabilité de fréquenter des écoles dont moins de 60% des enseignants ont le niveau et les diplômes requis, selon des statistiques du Département de l’Education.

Plus grave, les inégalités se perpétuent en raison d’une véritable ségrégation spaciale. Les Africains-Américains sont plus nombreux à vivre dans des villes pauvres. Or les budgets d’éducation dépendent pour l’essentiel des collectivités locales. L’Amérique d’Obama a encore du chemin à parcourir.

Par Catherine Gouëset

Source: Lexpress.fr

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.