Manifestation au Yémen contre milices armées et... by afp

Yémen: les miliciens chiites s’emparent du palais présidentiel

Des miliciens chiites se sont emparés mardi du palais présidentiel à Sanaa, au Yemen, peut-être avec le soutien de l’ancien président, Ali Abdallah Saleh.

La crise s’est aggravée mardi au Yémen où des miliciens chiites ont pris d’assaut le complexe du palais présidentiel et encerclé la résidence du Premier ministre dans la capitale Sanaa.

La situation était très confuse en fin de journée alors que des affrontements entre miliciens et soldats gouvernementaux se poursuivaient à Sanaa, selon des témoins.

Face à cette aggravation, le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir à huis clos mardi pour discuter de l’interminable crise que traverse ce pays où est basé l’une des branches les plus dangereuses d’Al-Qaïda. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit «sérieusement préoccupé» par lacrise dans ce pays et cette apparente tentative de coup d’Etat, visant à renverser le président Abd Rabbo Mansour Hadi. L’émissaire de l’ONU Jamal Benomar devait aussi informer le Conseil des derniers développements au Yémen, dont le président est un grand allié des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda.

A Sanaa, des combats se déroulaient en particulier à l’intérieur du complexe du palais présidentiel, pris d’assaut un peu plus tôt par des membres de la puissante chiite Ansaruallah qui contrôle en grande partie la capitale depuis septembre. Des affrontements ont été également rapportés par des témoins près de la résidence du chef de l’Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, dont le sort était inconnu. Des miliciens chiites encerclaient par ailleurs depuis lundi soir la résidence du Premier ministre Khaled Bahah, des hommes en armes en barrant les principaux accès.

Des miliciens soutenus par l’ex-président Saleh

Les combats avaient brièvement cessé avec l’entrée en vigueur lundi après-midi d’une trêve qui apparaissait extrêmement fragile. Les combats avaient fait lundi au moins neuf morts et 67 blessés, et forcé plusieurs ambassades occidentales, dont celle de France, à fermer leurs portes. 

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Cette dernière vague de violences, la plus grave depuis quatre mois à Sanaa, a été provoquée par le refus des miliciens chiites, appelés houthis, d’entériner un projet de Constitution qui les priverait notamment d’un accès à la mer. Ces miliciens, qui n’ont cessé de monter en puissance depuis leur entrée à Sanaa le 21 septembre, semblent bénéficier du soutien de l’ex-président Ali Abdallah Saleh qui garde une forte influence et des réseaux qu’il a soigneusement tissés dans l’armée et parmi des tribus durant ses 33 ans de présidence.

Les affrontements ont éclaté deux jours après l’enlèvement par des miliciens chiites d’Ahmed Awad ben Moubarak, chef de cabinet du président Hadi. Ahmed Awad ben Moubarak est l’un des architectes du projet de Constitution qui prévoit un Etat fédéral avec six regions.

Selon April Longley Alley, experte du Yémen à l’International Crisis Group, «l’enlèvement de ben Mubarak est un message adressé (au président) Hadi indiquant que les houthis ne reviendront pas sur leur rejet d’une structure fédérale à six régions qui fait partie du projet de Constitution». Cependant, a-t-elle ajouté, «cela fait partie plus généralement des méthodes utilisées par les houthis qui formulent des exigences et, lorsque celles-ci ne sont pas satisfaites, utilisent la violence pour parvenir à leurs fins».

Lors des combats de lundi près du palais présidentiel, les miliciens chiites ont bénéficié d’un soutien direct de forces loyales à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, a affirmé mardi un officier de la garde présidentielle. «Nous avons vu plusieurs formations de soldats et de combattants sortir de la résidence d’Ahmed Ali Abdallah Saleh (fils de l’ancien chef de l’Etat) pour venir prêter main forte aux combattants houthis», a déclaré cet officier sous le couvert de l’anonymat. Un habitant du quartier a quant à lui accusé de «trahison» certains éléments des forces spéciales passées récemment sous commandement d’officiers houthis.

Source: leparisien.fr

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